Le 8 juillet dernier, à Ankara, Donald Trump a discrètement quitté Air Force One pour être transféré dans un autre appareil, à l’insu des journalistes et de plusieurs membres de son équipe. L’opération, restée secrète un mois, a été révélée par la presse américaine avant d’être confirmée par le président lui-même.
Un tour de passe-passe sur le tarmac d’Ankara
La scène s’est déroulée à la fin du sommet de l’OTAN en Turquie. Trump monte les marches de l’ancien Air Force One sous les caméras, salue, disparaît à l’intérieur. Mais une fois hors de vue, il ressort par une porte opposée, dissimulé dans un conteneur de ravitaillement monté sur ressorts hydrauliques. Il rejoint ensuite un C-32A de l’US Air Force, la version militaire du Boeing 757 habituellement réservée au vice-président, qui décolle sous le nom de code « Reach 18 », transpondeurs désactivés.
Sur des images de l’AFP prises ce jour-là, deux conteneurs sont clairement visibles de part et d’autre de l’appareil présidentiel. La manœuvre était soigneusement préparée.

Une menace iranienne derrière la manœuvre
Selon le Wall Street Journal, les services secrets israéliens avaient alerté Washington d’un risque d’attaque par missile sol-air portable contre l’avion présidentiel. Le contexte est lourd : depuis l’assassinat du général Qassem Soleimani en 2020, ordonné par Trump lors de son premier mandat, l’Iran cherche activement à se venger. La guerre rouverte contre Téhéran depuis février dernier a encore durci la menace.
Trump a balayé la gravité de la situation d’un revers de main. « J’imagine qu’il y avait une menace, je n’en ai pas demandé beaucoup plus », a-t-il déclaré à la presse, ajoutant qu’il reçoit « beaucoup de menaces ». Quant aux journalistes restés dans l’Air Force One officiel, à qui il avait été ordonné de garder les stores baissés : ils ont découvert la supercherie seulement après coup.
Rubio, Miller, Bessent : les poids lourds du gouvernement volaient sur l’avion leurre
Pendant que Trump filait à bord du C-32A, le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le directeur des communications Steven Cheung se trouvaient, eux, dans le grand Air Force One transformé en leurre. Rubio aurait été informé de la menace. Les autres, selon le New York Times, ne l’auraient pas été.
Un tour complet pour brouiller les pistes
Après l’atterrissage sur la base militaire britannique de Mildenhall, Trump a été discrètement réintégré dans l’ancien Air Force One. Il en est descendu sous les yeux des journalistes, comme si de rien n’était, avant de rejoindre l’avion offert par le Qatar pour rallier Washington. Un enchaînement de leurres parfaitement orchestré, qui n’a filtré que grâce aux révélations du Washington Post et du New York Times, un mois plus tard.
L’opposition démocrate exige des comptes
L’affaire a déclenché la colère de l’opposition. Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat, a exigé d’être « immédiatement informé », jugeant « inacceptable » que le Congrès ait appris l’existence de cette grave menace par voie de presse. Mark Warner, responsable démocrate au sein de la commission du renseignement, n’avait lui non plus reçu aucun briefing, malgré son appartenance au « Gang des Huit », ce groupe de parlementaires normalement destinataire des renseignements sensibles.
La Maison Blanche, elle, reste discrète. Trump a conclu l’affaire à sa manière : « Je fais ce qu’ils me disent. »
La rédaction ICONIQ. Politique

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