Dans une tribune publiée dans La Tribune Dimanche, Gabriel Attal, candidat déclaré à la présidentielle, appelle à soumettre au peuple français la question de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans par voie référendaire.
Une proposition qui dépasse les clivages partisans
Selon Gabriel Attal, les lois existent, les débats ont eu lieu, mais rien ne change vraiment. Les plateformes continuent de capter des millions d’adolescents, les effets sur la santé mentale sont documentés par des dizaines d’études, et les parents se sentent seuls face à un phénomène qui les dépasse. Pour lui, le référendum n’est pas un gadget démocratique mais une nécessité. Sur un sujet qui touche directement chaque famille française, seul le peuple peut légitimer une mesure aussi structurante. C’est une façon de court-circuiter les lobbys des grandes plateformes technologiques américaines, qui disposent de moyens considérables pour ralentir ou édulcorer toute réglementation passant par le seul Parlement.
L’enjeu de santé publique au cœur de l’argumentaire
Attal s’appuie sur les données scientifiques les plus récentes pour défendre sa position. Troubles de l’attention, anxiété, dépression, isolement social réel malgré une hyperconnexion permanente : les effets des réseaux sociaux sur les adolescents ne sont plus contestés par la communauté médicale. La France a déjà tenté d’agir avec la loi sur l’âge minimum et le consentement parental, mais son application reste largement symbolique. Les plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat contournent facilement les dispositifs existants. Un référendum permettrait d’inscrire l’interdiction dans une légitimité populaire suffisamment forte pour contraindre les géants du numérique à se plier à des règles effectives.
Une stratégie présidentielle assumée
La proposition intervient dans un contexte politique précis. Candidat à la prochaine élection présidentielle, Attal cherche à incarner une ligne réformiste sur des sujets de société concrets, loin des querelles idéologiques classiques. Le thème de la protection des enfants face aux écrans est transversal : il mobilise à droite comme à gauche, chez les parents comme chez les enseignants. En appelant au référendum, il se positionne aussi comme défenseur d’une démocratie directe, capable de trancher des questions que les partis politiques ont longtemps esquivées par peur de froisser les intérêts économiques en jeu.
Des résistances prévisibles, des alliés inattendus
La proposition ne fait pas l’unanimité. Certains juristes s’interrogent sur la faisabilité constitutionnelle d’un tel référendum, d’autres pointent le risque d’un débat qui réduirait une question complexe à un simple oui ou non. À l’opposé, des associations de parents, des pédopsychiatres et plusieurs élus de bords différents ont salué l’initiative, estimant que le statu quo est insupportable. En Australie, une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans est entrée en vigueur début 2025, ouvrant la voie à d’autres pays. La France pourrait suivre, à condition de trancher enfin clairement.
Une question qui appartient aux Français
En définitive, Attal pose une question simple : est-ce que la société française veut collectivement protéger ses enfants, quitte à contraindre des entreprises privées puissantes ? Il parie que la réponse populaire serait oui. Reste à convaincre.
La rédaction ICONIQ. Politique

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