Philippe Candeloro, double médaillé de bronze olympique et grande figure du patinage artistique français, vient d’être élu président de la Fédération Française des Sports de Glace. Un tournant majeur pour la discipline à moins de quatre ans des Jeux d’hiver dans les Alpes françaises.
Une élection serrée au deuxième tour
C’est à l’Insep, ce samedi 27 juin, que Philippe Candeloro a été élu président de la FFSG au terme d’un scrutin disputé. Arrivé deuxième au premier tour avec 32,81% des voix derrière la présidente sortante Gwenaëlle Noury (38,62%), le patineur de 54 ans a renversé la situation au second tour en obtenant 51,35% des suffrages contre 46,77% pour son adversaire. Six candidats s’étaient présentés à cette élection particulièrement convoitée, signe de l’enjeu considérable que représente la présidence de la fédération à l’approche des Jeux olympiques d’hiver 2030.
Un homme de notoriété au service du sport
Champion du monde en 1994, consultant pour France Télévisions pendant dix-neuf ans jusqu’en 2024, Philippe Candeloro a construit sa campagne sur sa visibilité et son expérience entrepreneuriale. Il a promis d’aller chercher sponsors et partenaires pour renforcer les ressources financières de la fédération et d’organiser davantage d’événements sportifs. « Je pense avoir les moyens d’aller chercher des sponsors et des partenaires », avait-il affirmé avant l’élection. Il entend également commander un audit financier de la FFSG dès sa prise de fonctions, pour clarifier la situation de l’institution.
Une victoire dans un contexte tendu
La FFSG traversait une période de turbulences internes. Les disciplines moins médiatiques comme le short-track, le bobsleigh, la luge, le skeleton et le curling reprochaient à la direction sortante de les délaisser au profit du patinage artistique. Le short-track a même entamé des démarches pour quitter la fédération et rejoindre la Fédération française de roller et de skateboard, à l’image du patinage de vitesse qui avait déjà franchi ce pas fin 2022. Candeloro a réagi avec pragmatisme : « Les gens qui veulent divorcer, il ne faut pas les retenir. » Une posture ouverte qui tranche avec la ligne de la présidence Noury.
Le défi des JO 2030 en ligne de mire
La grande ambition de Philippe Candeloro est claire : profiter du tremplin exceptionnel que représentent les Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. « Ce que je ne voulais pas, c’est que de 2026 à 2030, on ne profite pas de ce tremplin », a-t-il expliqué à franceinfo sport. Il souhaite imprimer une vision « plus large et entrepreneuriale » à la fédération, en s’assurant que les commissions sportives nationales partagent ses orientations. Un premier bras de fer de gouvernance qui s’annonce dès les premières semaines de son mandat.
D’une carrière sur glace à la présidence
Philippe Candeloro reste l’une des personnalités les plus populaires du sport français. Ses programmes aux Jeux olympiques d’Albertville 1992 et de Nagano 1998, notamment son célèbre numéro du Parrain, ont marqué des générations de téléspectateurs. Après la compétition, il s’est reconverti dans les spectacles sur glace et au théâtre avec son compère Nelson Monfort. Désormais, c’est à la tête de la FFSG qu’il entame un nouveau chapitre. Son plus grand combat sera de convaincre ceux qui le connaissent davantage pour sa vie médiatique que pour ses compétences de dirigeant.
La rédaction ICONIQ. Sport

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