Marine Le Pen condamnée mais éligible en 2027

La cour d’appel de Paris a condamné ce mardi Marine Le Pen à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. Elle reste éligible, mais son avenir présidentiel est désormais sous haute tension.

La décision de la cour d’appel

Ce mardi 7 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire des assistants parlementaires fictifs du Front national. Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national, est condamnée à trois ans de prison dont un an ferme, à exécuter sous bracelet électronique. Elle devra également payer une amende de 100 000 euros. La peine d’inéligibilité prononcée est de 45 mois, dont 30 avec sursis. La cour a estimé qu’elle avait déjà purgé 15 mois d’inéligibilité depuis sa condamnation en première instance le 31 mars 2025, ce qui la rend juridiquement éligible à l’élection présidentielle de 2027.

Une organisation délibérée selon la cour

L’avocat du Parlement européen, Me Patrick Maisonneuve, s’est dit satisfait de la décision à la sortie de la salle d’audience. « La cour a confirmé le détournement de fonds publics dont a été victime le Parlement européen. Elle a retenu la mise en place d’une organisation pendant des années, qui avait pour objectif de détourner les fonds publics. Il y avait là une gravité évidente », a-t-il déclaré. « Ils ont volé l’argent du contribuable européen et du citoyen français. Nous le disons depuis des années et ça a été confirmé deux fois. » L’affaire porte sur des assistants parlementaires d’eurodéputés du FN, rémunérés par le Parlement européen mais travaillant en réalité pour le parti.

De nombreux cadres du RN également condamnés

Marine Le Pen n’est pas la seule à avoir été condamnée ce mardi. Louis Aliot, maire de Perpignan et vice-président du RN, écope d’un an de prison avec sursis, deux ans d’inéligibilité avec sursis et 5 000 euros d’amende. Wallerand de Saint-Just, ancien trésorier du FN, est condamné à trois ans de prison avec sursis, un an d’inéligibilité et 50 000 euros d’amende. Nicolas Crochet, expert-comptable du RN, prend trois ans de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et 70 000 euros d’amende. Julien Odoul, député RN, est condamné à huit mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité avec sursis. Bruno Gollnisch, absent de l’audience, est condamné à trois ans de prison et un an d’inéligibilité.

Le bracelet électronique, obstacle à une campagne présidentielle

Si la question de l’éligibilité est tranchée en faveur de Marine Le Pen, celle du bracelet électronique pose un problème politique majeur. La dirigeante d’extrême droite avait elle-même fermé la porte à une campagne sous ces conditions. Interrogée par BFMTV fin février, elle avait déclaré sans ambiguïté : « On ne peut pas faire campagne dans ces conditions. » Un positionnement qui la place dans une situation délicate. Après le verdict, elle a quitté le palais de justice entourée de ses proches, dont Bruno Bilde et son assistante Catherine Griset, sans s’arrêter pour prendre la parole devant les journalistes.

La parole attendue ce soir au 20h de TF1

Marine Le Pen devrait s’exprimer pour la première fois sur ce verdict ce mardi soir, lors du journal de 20 heures de TF1. Ses partisans attendent de savoir si elle maintient sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 malgré la condamnation au port du bracelet, ou si elle renonce à briguer l’Elysée. La décision de la cour d’appel marque en tout cas un tournant majeur dans la vie politique française, à moins d’un an du scrutin présidentiel. Le RN devra désormais composer avec une cheffe de file condamnée pénalement, quelle que soit la suite judiciaire de l’affaire.

Marine Le Pen – JT LE20H TF1 ©

La rédaction ICONIQ. Politique

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