SpaceX rachète des fréquences mobiles aux États-Unis pour lancer Starlink Mobile. Le projet d’Elon Musk fait déjà chuter AT&T, Verizon et T-Mobile en Bourse.
L’acquisition qui change tout
Le jeudi 9 octobre 2026, SpaceX a officialisé une acquisition stratégique majeure : le rachat d’un portefeuille de licences de bande de basse fréquence auprès de la société d’investissement Grain Management. Ces fréquences sont indispensables pour proposer une couverture mobile étendue et continue sur l’ensemble du territoire américain, y compris dans les zones rurales et montagneuses où le signal fait traditionnellement défaut. L’opération « écarte l’un des derniers obstacles clés dans l’optique de faire de Starlink Mobile un opérateur mobile majeur aux États-Unis », a déclaré SpaceX dans un communiqué officiel. En clair : le groupe d’Elon Musk n’est plus un acteur hypothétique des télécoms, il est désormais un concurrent réel, armé et déterminé. Et les marchés financiers l’ont compris immédiatement.
Wall Street sanctionne les opérateurs traditionnels
La réaction des Bourses a été immédiate et brutale. Dès l’annonce, dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, les trois géants américains de la téléphonie mobile ont chuté lourdement : AT&T abandonnait 7,64 %, Verizon 6,69 % et T-Mobile 7,19 %. Des baisses massives qui traduisent une inquiétude profonde des investisseurs face à l’arrivée d’un concurrent disposant d’une infrastructure satellitaire déjà opérationnelle à grande échelle. Starlink, la filiale internet de SpaceX, offre déjà un accès haut débit dans de nombreux pays, dont les États-Unis. La transition vers la téléphonie mobile représente la prochaine étape logique d’un déploiement qui n’a cessé de s’accélérer depuis 2020.

« Nous leur prendrons pas mal de clients »
Le ton chez SpaceX est offensif. En août 2026, lors de la première présentation des résultats trimestriels de l’entreprise, Gwynne Shotwell, présidente du groupe, avait posé les bases : « Je m’attends à ce que nous leur prenions pas mal de clients, parce que je pense que notre service sera meilleur. » Un lancement commercial de Starlink Mobile est envisagé pour fin 2027. Elon Musk, lui, n’a pas résisté à commenter l’annonce sur X : « C’est un grand jour pour Starlink Mobile. » Deux phrases. Suffisantes pour mettre le feu aux poudres et faire trembler des décennies d’oligopole télécoms américain. SpaceX dit viser tous les Américains, « des villes denses jusqu’aux collectivités rurales les plus reculées », une ambition qui dépasse largement le créneau des zones blanches.
Les opérateurs traditionnels minimisent, mais s’inquiètent
Côté opérateurs, la réaction publique oscille entre minimisation et inquiétude contenue. Le patron d’AT&T, John Stankey, a qualifié le plan de SpaceX de « stratégie non viable » fin septembre. Le patron de Verizon, Dan Schulman, a affirmé ne pas considérer Starlink Mobile comme un « concurrent direct », arguant qu’en milieu urbain, le réseau terrestre est « 100 fois, parfois mille fois plus efficace ». Une analyste du courtier Bernstein, Madison Rezaei, nuance le tableau : Starlink Mobile « pourrait combler un manque sur le marché » dans les régions mal couvertes, « mais il est loin de remplacer les opérateurs » disposant d’un réseau terrestre dense. Des arguments techniques réels, mais qui ne suffisent pas à rassurer des marchés qui ont tranché sans hésiter.
La prochaine grande bataille des télécoms
L’irruption de SpaceX dans les télécoms mobiles s’inscrit dans un mouvement plus large de disruption des infrastructures traditionnelles par les acteurs de la tech et du spatial. Elon Musk a déjà démontré, avec Tesla dans l’automobile et Starlink dans l’internet, sa capacité à bousculer des secteurs établis en partant de zéro. Les opérateurs téléphoniques, qui ont longtemps bénéficié de barrières à l’entrée colossales (licences, infrastructures, roaming), voient soudain ces remparts fragilisés par une constellation de satellites en orbite basse. Si Starlink Mobile tient ses promesses en termes de couverture et de prix, la recomposition du marché américain des télécoms pourrait être spectaculaire. Et contagieuse, bien au-delà des frontières américaines.
La rédaction ICONIQ. Business

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