Auteur/autrice : Rédaction ICONIQ. Business

  • 11,6 milliards d’euros en 3 mois : L’Oréal dépasse les prévisions mondiales

    11,6 milliards d’euros en 3 mois : L’Oréal dépasse les prévisions mondiales

    Porté par les soins capillaires, la cosmétique de luxe et le dynamisme du marché chinois, le géant français de la beauté accélère sa croissance et confirme sa puissance mondiale.

    Des chiffres qui dépassent toutes les prévisions

    Le 22 octobre 2026, L’Oréal a publié des résultats trimestriels qui ont pris de court les analystes : 11,56 milliards d’euros de ventes sur trois mois, une croissance de 7,7 % en données comparables, bien au-delà des 5,9 % attendus. Le troisième trimestre 2026 s’inscrit comme l’un des plus solides de l’histoire récente du groupe. Avec 11,56 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur la seule période juillet-septembre, L’Oréal affiche une progression de 11,9 % en données publiées, et de 7,7 % en données comparables ajustées. Sur les neuf premiers mois de l’année, le cumul atteint 35,33 milliards d’euros, en hausse de 7,7 % en données publiées. Les analystes de Barclays ont résumé la situation en une formule : « L’Oréal joue dans une autre catégorie. » Le lendemain de la publication, le titre a bondi de 3,75 % à la Bourse de Paris, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2024.

    Quatre divisions, quatre moteurs de croissance

    La performance est homogène et aucune division n’est en reste. Les produits professionnels, portés par Kérastase et Redken, enregistrent la plus forte progression avec des ventes en hausse de 19,1 % à 1,5 milliard d’euros, bénéficiant de l’engouement mondial pour les soins capillaires haut de gamme. La division dermatologique, qui regroupe La Roche-Posay et Vichy, progresse de 15,7 % à 1,9 milliard d’euros. La cosmétique de luxe, tirée par les parfums Yves Saint Laurent, Lancôme et la marque récemment acquise Creed, grimpe de 12,3 % à 4,2 milliards d’euros. Quant aux produits grand public, L’Oréal Paris et NYX Professional Makeup en tête, ils progressent de 7,5 % à 4 milliards d’euros.

    Boutique L'Oréal Paris
    SYSHLWO MSRPSL SUNGA / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

    Un rayonnement mondial, de la Chine à l’Europe

    Toutes les zones géographiques affichent une croissance positive, ce qui est remarquable dans un contexte de volatilité économique internationale. L’Asie du Nord, portée par la Chine, bondit de 14,1 % à 2,2 milliards d’euros. L’Oréal indique progresser trois fois plus vite que le marché chinois depuis le début de l’année, grâce notamment à la cosmétique de luxe. L’Europe réalise de son côté une performance solide avec une hausse de 13,2 % à 4 milliards d’euros, contre un consensus à 4,9 % prévu par Jefferies. L’Amérique du Nord progresse de 6 % à 3,2 milliards d’euros, et la zone Asie du Sud, Pacifique, Moyen-Orient et Afrique subsaharienne bondit de 21 % à 1,2 milliard d’euros.

    L’effet rouge à lèvres, moteur structurel de la beauté

    Comment expliquer qu’un secteur tire aussi bien son épingle du jeu dans un environnement économique contraint ? Les économistes évoquent depuis longtemps ce que l’on appelle l’effet rouge à lèvres : même lorsque le pouvoir d’achat recule, les consommateurs continuent de s’accorder de petits plaisirs accessibles, un parfum ou une crème plutôt qu’un sac ou une montre. Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse des marchés pour eToro, va plus loin : « Les consommateurs restent prêts à dépenser davantage lorsqu’ils identifient un bénéfice concret. Réparer les cheveux, protéger la peau, atténuer les signes du vieillissement ou réduire les imperfections devient un puissant moteur d’achat, même lorsque le budget des ménages reste contraint. »

    Un portefeuille de marques taillé pour durer

    La force de L’Oréal réside aussi dans la diversité et la complémentarité de ses marques. Du soin dermatologique grand public avec CeraVe à la parfumerie de prestige avec Lancôme ou Creed, en passant par le professionnel avec Kérastase ou le maquillage accessible avec NYX, le groupe peut toucher presque tous les segments de consommateurs dans presque tous les pays. Nicolas Hieronimus, directeur général du groupe, a réitéré sa confiance dans la capacité de L’Oréal à « réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d’affaires et de la rentabilité ». Une promesse que les marchés, au vu des résultats du troisième trimestre, ont toutes les raisons de prendre au sérieux.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • Daft Punk débarque dans l’univers LEGO

    Daft Punk débarque dans l’univers LEGO

    Daft Punk et LEGO annoncent un partenariat officiel, avec un premier set inspiré du concert « Alive 2007 ». Une collaboration qui dépasse largement la simple boîte de briques.

    Une annonce teasée en mode robot

    Tout a commencé par une énigme. Le 21 octobre 2026, la station radio fictive WDPK 83.7, voix numérique de Daft Punk, a diffusé une séquence cryptique : une main gantée de métal actionnant un interrupteur dans une salle de contrôle futuriste, révélant le contour lumineux d’une brique LEGO. Les codes robots TB3 (Thomas Bangalter) et GM08 (Guy-Manuel de Homem-Christo) clignotaient à l’écran, accompagnés des chiffres « 2007 » et « 22.10 ». Le lendemain, le mystère était levé : Daft Punk et LEGO ont officiellement annoncé un partenariat global, dont le premier jalon est le lancement d’un set LEGO Ideas consacré à la scène pyramidale du concert « Alive 2007 », l’une des performances les plus marquantes de l’histoire de la musique électronique. La vidéo d’annonce, montée sur « Voyager » et « Human After All », a immédiatement enflammé la communauté des fans des deux univers.

    Six ans d’attente pour un set né du confinement

    L’histoire de ce set remonte au printemps 2020. Patrick Harboun, alias RobotRock, un père luxembourgeois passionné de LEGO, conçoit avec son fils de huit ans une maquette du mythique concert « Alive 2007 » lors du confinement. Le projet est soumis au concours LEGO Ideas « Music to Our Ears! » et remporte la deuxième place, mais ne passe pas en production. Harboun retente sa chance en 2024, resoumettant le modèle à la plateforme LEGO Ideas. Le projet franchit le seuil des 10 000 soutiens et entre en « Parking Lot » en octobre 2025, une forme de purgatoire pour les créations acceptées mais en attente de feu vert commercial. C’est finalement en octobre 2026 que LEGO officialise le greenlight, transformant une idée née entre un père et son fils en collaboration mondiale. « On n’osait pas imaginer que ça prendrait cette ampleur », a déclaré Harboun dans un communiqué.

    Un partenariat bien plus large qu’un simple set

    LEGO et Daft Punk ont pris soin de préciser que cette collaboration dépasse la simple mise en boîte d’un set collector. Le partenariat couvre « produits, contenus et expériences de marque » qui traversent « la musique, la culture et les espaces créatifs », selon le communiqué officiel. Autrement dit : des événements, des contenus originaux, et potentiellement d’autres sets à venir. Les fans spéculent déjà sur un éventuel set casques de Daft Punk, qui pourrait reproduire les célèbres heaumes argenté et doré de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo. Le premier set, basé sur la pyramide « Alive 2007 », est quant à lui entré en phase de développement, avec une sortie annoncée pour 2027.

    Daft Punk : un héritage en pleine expansion

    Séparés en février 2021 après vingt-huit ans de carrière commune, Daft Punk n’ont jamais cessé d’être présents dans la culture populaire. Cette année, leur film Electroma de 2006 a bénéficié d’une restauration 4K pour son vingtième anniversaire. Leurs albums continuent de se vendre, leurs samples d’être repris, et leurs casques de robots de hanter les déguisements d’Halloween à travers le monde. Cette collaboration avec LEGO s’inscrit dans une logique cohérente : étendre l’univers visuel et créatif du duo au-delà de la musique, en s’appuyant sur une marque qui partage la même audience multigénérationnelle. Pour LEGO, c’est l’aboutissement d’un travail entamé par une simple soumission communautaire il y a plus de six ans.

    Le business de la nostalgie, un marché en pleine forme

    Cette annonce illustre une tendance de fond dans l’industrie du jouet et du merchandising. LEGO multiplie les collaborations avec des artistes emblématiques pour séduire les adultes collectionneurs autant que les enfants. Après une collection de cinq sets avec Olivia Rodrigo annoncée à l’été 2026, le groupe danois confirme sa stratégie : faire de ses produits des objets culturels à part entière, capables de générer un engouement médiatique bien au-delà du seul marché du jouet. Daft Punk, dont l’influence couvre la musique, la mode, le design et la culture visuelle, représente un partenaire idéal pour ancrer cette ambition dans le segment premium. La sortie du set en 2027 s’annonce déjà comme l’un des événements collectionneurs de l’année.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • Elon Musk veut offrir une action SpaceX à chaque enfant américain

    Elon Musk veut offrir une action SpaceX à chaque enfant américain

    Elon Musk a promis d’offrir une action SpaceX à chaque enfant américain dès 2027. Un geste à 10 milliards de dollars qui mêle générosité spectaculaire et communication politique.

    Une promesse lâchée sur X, sans détails

    C’est un message laconique, posté le 19 octobre sur son réseau social X, qui a tout déclenché. « L’année prochaine, je donnerai une de mes actions SpaceX à chaque enfant en Amérique », a écrit Elon Musk. « Ce sera la première d’une longue série », a-t-il ajouté, sans fournir le moindre calendrier précis, ni expliquer les modalités concrètes de distribution. Aucun communiqué officiel, aucune structure juridique annoncée. Une phrase, et l’internet s’embrase.

    Un cadeau évalué à plus de 10 milliards de dollars

    Les chiffres donnent le vertige. Selon le dernier recensement américain, les États-Unis comptent environ 73 millions d’enfants de moins de 18 ans. Une action SpaceX vaut aujourd’hui 146 dollars, soit environ 130 euros. Si Musk procédait à cette distribution dès maintenant, le montant total avoisinerait 10,7 milliards de dollars. Une somme colossale, mais qui représente à peine 1,2 % de la fortune du milliardaire, estimée à 904 milliards de dollars par Bloomberg. Rappelons que SpaceX a réalisé en juin la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire, levant 85,7 milliards de dollars. Elon Musk détient lui-même 38 % du capital de l’entreprise selon Forbes.

    Elon Musk portrait
    Gage Skidmore / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

    Un contexte politique très chargé

    L’annonce intervient à quelques semaines des élections législatives américaines, dans un contexte où Elon Musk affiche ouvertement son soutien au président Donald Trump. Elle rappelle une promesse similaire formulée en septembre, qui n’avait pas non plus été suivie d’effets immédiats. Certains observateurs voient dans ce type de déclaration un outil de communication politique, conçu pour alimenter la sympathie populaire plutôt qu’un engagement concret et vérifiable. Distribuer des actions à des millions de mineurs soulève en effet des questions légales et logistiques considérables que Musk n’a pas encore abordées.

    SpaceX, une valeur déjà astronomique

    Fondée en 2002, SpaceX est devenue l’une des entreprises privées les plus valorisées au monde. Son entrée en Bourse record de juin a propulsé sa capitalisation à des niveaux inédits. Depuis ses débuts modestes à Hawthorne en Californie, la société a multiplié les succès technologiques, des fusées Falcon 9 réutilisables aux missions Crew Dragon pour la NASA, en passant par le programme Starship. Offrir une action de cette entreprise à chaque enfant américain, c’est donc leur offrir une part d’une aventure spatiale qui redessine les frontières de l’industrie mondiale.

    Un geste généreux ou un coup de com’ ?

    La question divise. D’un côté, des commentateurs saluent l’idée de démocratiser l’accès à l’investissement dès le plus jeune âge, en donnant aux futures générations une part du capitalisme technologique. De l’autre, les sceptiques rappellent que Musk est coutumier des annonces tonitruantes dont les suites restent floues. La promesse est belle sur le papier. Reste à voir si elle se concrétisera en 2027, comment les actions seraient détenues au nom de mineurs, et qui en assurerait la gestion jusqu’à leur majorité. Musk a promis de nouveaux détails. Le monde attend.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • Tesla Roadster : il roule, il vole, il stupéfie

    Tesla Roadster : il roule, il vole, il stupéfie

    Après neuf ans d’attente, Elon Musk a dévoilé le Tesla Roadster de série. Équipé de propulseurs SpaceX, le bolide électrique défie les lois de la physique : il roule à l’envers, décolle et réalise des tonneaux dans les airs.

    Neuf ans pour redéfinir l’automobile

    Novembre 2017. Elon Musk monte sur scène et présente un prototype qui fait souffler un vent de folie dans l’industrie automobile : le Tesla Roadster de deuxième génération. Des performances annoncées délirantes, des propulseurs SpaceX promis en option, et une date de livraison qui ne cessera de reculer. Neuf ans plus tard, dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026, la version de série est enfin officiellement dévoilée lors d’une démonstration en direct sur X et YouTube. « Vous allez voir des choses folles ce soir », a lancé Elon Musk en ouverture, avant d’ajouter : « C’est mieux qu’une voiture de James Bond. » Difficile de lui donner tort au vu de ce qui a suivi. Le carnet de réservations est désormais ouvert en France, moyennant des acomptes allant jusqu’à 250 000 euros.

    La voiture qui roule à l’envers

    La première démonstration laisse sans voix. Le Roadster s’engage sur une piste en forme de C qui monte vers le ciel. Arrivé en bout de rampe, à 20 mètres au-dessus du sol, le véhicule se retrouve à l’envers et reste plaqué contre la piste, immobile, défiant la gravité. Les jauges à l’écran affichent un appui de plus de 4,6 tonnes et une inclinaison à 170 degrés. Le secret : un système de ventilation multimode qui aspire l’air sous le véhicule, générant un appui aérodynamique colossal, même à vitesse nulle. Des ailerons actifs et des ventilateurs motorisés complètent le dispositif pour optimiser la traction dans toutes les conditions. Ce n’est plus une voiture, c’est une ventouse motorisée à 250 000 euros.

    Les propulseurs SpaceX entrent en scène

    La deuxième démonstration enfonce le clou. Le Roadster s’élance en bout de rampe et, au lieu de s’écraser au sol, des propulseurs à gaz froid issus de la technologie SpaceX le font pivoter dans les airs. La voiture réalise un tonneau complet avant de se poser en douceur. Une scène surréaliste où la science-fiction devient réalité sous les yeux des spectateurs. « Les ingénieurs de SpaceX et Tesla ont travaillé ensemble pour créer quelque chose que vous n’avez vu dans aucun film », a commenté Musk, et personne dans la salle n’a songé à le contredire. Ces propulseurs, qui constituaient l’option la plus spectaculaire du cahier des charges initial, sont bien présents sur la version de série.

    Des performances qui écrasent la concurrence

    Au-delà du spectacle, le Tesla Roadster se pose en candidat sérieux au titre de voiture la plus rapide jamais produite en série. Les chiffres annoncés dès 2017 ont été confirmés et même améliorés : un 0 à 100 km/h en moins d’une seconde, une vitesse de pointe supérieure à 400 km/h et une autonomie dépassant les 1 000 kilomètres en cycle mixte. La plateforme technique combine un groupe motopropulseur tri-moteur dernier cri avec le système de contrôle d’appui aérodynamique actif mis en lumière lors de la démonstration. Tesla promet une expérience de conduite radicalement différente de tout ce qui existe, capable de passer du mode supercar sur circuit au mode grand tourisme sur autoroute, le tout en quelques instants.

    Un symbole industriel autant qu’une voiture

    Le Tesla Roadster dépasse largement le cadre de l’automobile. Il incarne la convergence de deux empires construits par Elon Musk : Tesla, pionnier de l’électrique de masse, et SpaceX, leader mondial du spatial privé. Leur collaboration donne naissance à un objet hybride, à mi-chemin entre la voiture de sport et l’engin spatial, qui repousse les frontières de ce que l’on pensait techniquement possible sur route. La France fait partie des premiers marchés où les réservations sont ouvertes, avec des acomptes de 250 000 euros pour les éditions Founders Series. Un signal fort envoyé à une industrie automobile européenne en pleine mutation, alors que les constructeurs traditionnels peinent encore à trouver leur équilibre dans la transition électrique.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • NVIDIA investit dans Doctolib : 100 millions de patients au cœur de la révolution IA

    NVIDIA investit dans Doctolib : 100 millions de patients au cœur de la révolution IA

    Jensen Huang était à Paris le 13 octobre. Le patron de NVIDIA a annoncé que son groupe entrait au capital de Doctolib en tant qu’actionnaire minoritaire. Derrière l’investissement, un objectif clair : accélérer l’IA en santé sur le sol européen.

    Une entrée au capital discrète mais stratégique

    Le montant de la prise de participation n’a pas été révélé. Jensen Huang a simplement confirmé que NVIDIA devenait actionnaire minoritaire de Doctolib lors de son passage dans la capitale française. Ce qui est certain, c’est que le partenariat va bien au-delà d’un simple investissement financier. NVIDIA s’engage à aider Doctolib à entraîner ses propres modèles d’intelligence artificielle directement en Europe, en fournissant l’infrastructure de calcul nécessaire. Une collaboration qui s’inscrit dans une relation déjà existante : Doctolib utilisait les technologies NVIDIA depuis plus d’un an avant cette annonce officielle. Le géant américain, valorisé à 5 433 milliards de dollars en Bourse, mise sur la plateforme française pour ancrer sa présence dans le secteur de la santé numérique européen.

    Cent millions de patients au cœur de l’ambition IA

    Doctolib, c’est aujourd’hui une base de 100 millions de patients à travers l’Europe. C’est ce capital de données et de confiance que NVIDIA veut mobiliser pour faire avancer l’IA médicale à grande échelle. La plateforme dispose déjà d’un assistant IA destiné aux patients, déployé auprès de 400 000 Français à ce jour. L’objectif affiché est de le rendre accessible à tous d’ici 2027. Au-delà de cet assistant, Doctolib prévoit de développer des outils d’aide à la décision clinique, conçus en collaboration avec des soignants et des hôpitaux européens. L’entreprise a également annoncé qu’elle prévoyait d’accélérer ses recrutements dans l’IA grâce à ce nouveau partenariat. La plateforme de rendez-vous médicaux veut devenir un acteur technologique à part entière, pas seulement un intermédiaire entre patients et professionnels de santé.

    Médecin avec équipement médical et intelligence artificielle
    Photo : Pavel Danilyuk / Pexels

    NVIDIA fait ses emplettes dans la French Tech

    Doctolib n’est pas la seule start-up française dans le collimateur de Jensen Huang. NVIDIA investit simultanément dans trois autres pépites tricolores. Pigment, qui édite un logiciel de planification financière pour les entreprises, bénéficie également d’un apport du géant américain. Genesis AI, spécialisée dans les robots polyvalents, et Entalpic, qui conçoit de nouveaux matériaux à l’échelle atomique pour l’industrie des semi-conducteurs, complètent ce quatuor. Jensen Huang parle ouvertement de vouloir « lancer la révolution de l’intelligence artificielle en Europe ». Une formule ambitieuse, et une stratégie cohérente : investir dans des champions locaux pour accélérer l’adoption des puces NVIDIA à travers le continent.

    La souveraineté européenne en débat

    Le discours officiel met en avant la souveraineté numérique : des modèles d’IA entraînés en Europe, sur des données européennes, avec des règles européennes. Mais une contradiction s’impose d’emblée. Ces modèles tournent sur des puces NVIDIA, et l’investisseur est aussi le fournisseur. La situation n’est pas sans rappeler d’autres stratégies déjà observées du côté de NVIDIA : le groupe a investi 30 milliards de dollars dans OpenAI, son meilleur client pour les GPU, et a racheté Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. Dans chaque cas, la même logique s’applique. Financer l’écosystème, c’est aussi sécuriser les débouchés commerciaux. Pour Doctolib, l’enjeu est de tirer parti de cette puissance de calcul tout en préservant sa promesse d’une IA de santé souveraine et éthique, un équilibre difficile à tenir.

    Une tournée européenne aux ambitions colossales

    Paris n’est qu’une étape. Jensen Huang a annoncé 2 milliards de dollars d’investissements européens supplémentaires à venir d’ici une semaine. Ils viennent s’ajouter aux 8 milliards de dollars déjà placés sur le continent au cours des douze derniers mois. Après Paris, le patron de NVIDIA s’est dirigé vers Londres, puis Berlin, où il ouvrira la conférence GTC le 21 octobre prochain. C’est là que les prochains partenariats européens devraient être dévoilés. L’Europe s’impose comme un terrain de jeu stratégique pour NVIDIA, et la France, avec Doctolib en tête de liste, entend bien jouer un rôle central dans cette nouvelle géographie de l’IA mondiale.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • Google lance son nouveau bracelet Fitbit Edge

    Google lance son nouveau bracelet Fitbit Edge

    Google officialise le Fitbit Edge, un bracelet connecté avec écran OLED, GPS intégré et IA santé. Disponible dès le 27 octobre, il complète la gamme entre le Fitbit Air et la Pixel Watch 5.

    Le chaînon manquant de la gamme santé de Google

    Depuis plusieurs mois, Google place la santé au coeur de sa stratégie wearable. Après le Fitbit Air, bracelet sans écran lancé au printemps 2026, et la Pixel Watch 5 dévoilée cet été, le géant californien complète sa gamme avec le Fitbit Edge, annoncé le 12 octobre 2026. Cet appareil vient combler un vide évident : trop complet pour le Fitbit Air, trop discret pour la Pixel Watch, il s’impose comme le compromis idéal pour les utilisateurs qui souhaitent un suivi santé sérieux sans porter une montre connectée encombrante. Google positionne clairement ce bracelet comme le successeur direct du Fitbit Charge 6, sorti en 2023.

    Un écran OLED, un GPS et des capteurs de pointe

    Le Fitbit Edge embarque un écran OLED de 1,34 pouce compatible avec un mode Always-on, logé dans un boîtier en aluminium de seulement 17,7 grammes. Compact (39,22 x 25,56 x 11,58 mm), il se fait discret au poignet tout en offrant une lisibilité optimale. Côté connectivité, il fonctionne en Bluetooth 5.4 et intègre un GPS autonome, une première pour la gamme Fitbit. Les capteurs sont nombreux : cardiofréquencemètre, oxymètre de pouls, capteur de température cutanée, et possibilité de réaliser des ECG directement depuis le bracelet. Compatible Android et iPhone, il fonctionne avec l’application Google Health.

    Fitbit Edge coloris
    Google / Fitbit

    L’intelligence artificielle au service du suivi santé

    La grande nouveauté du Fitbit Edge réside dans la couche d’intelligence artificielle qui analyse en continu les données collectées. Google Health centralise l’ensemble des mesures et génère des recommandations personnalisées, avec une approche que Google qualifie de « proactive ». L’objectif affiché est clair : anticiper les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des problèmes de santé. Cette logique de prévention s’inscrit dans la vision globale du groupe, qui multiplie les partenariats avec des acteurs du secteur médical et investit massivement dans les données biométriques portables.

    Disponibilité, coloris et tarif

    Le Fitbit Edge sera disponible à partir du 27 octobre 2026. Il sera proposé en quatre coloris : noir, corail, vert sauge et blanc. Le boîtier est décliné en version aluminium mat ou brillant selon les versions. Le bracelet est interchangeable, un atout pour personnaliser son port au quotidien. Le tarif officiel n’a pas encore été communiqué par Google au moment de l’annonce, mais l’appareil se positionnera entre le Fitbit Air et la Pixel Watch 5, soit dans une fourchette comprise entre 150 et 250 euros selon les premières estimations du marché.

    Google s’installe durablement sur le marché du wearable santé

    Avec le Fitbit Edge, Google affiche une ambition claire : s’imposer comme le partenaire santé incontournable du quotidien, pour tous les profils d’utilisateurs. En construisant une gamme cohérente du tracker le plus minimaliste à la montre connectée la plus avancée, le groupe californien couvre désormais l’ensemble du spectre. Face à Apple Watch et Samsung Galaxy Watch, la réponse de Google prend forme. Le marché du wearable santé représente plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’échelle mondiale, et chaque lancement consolide un peu plus la position de Google dans cet écosystème très concurrentiel.

    Découvrir le Fitbit Edge sur le Google Store : store.google.com

    La rédaction ICONIQ. Business

  • Hyrox : le sport qui cartonne attire les investisseurs liés à LVMH

    Hyrox : le sport qui cartonne attire les investisseurs liés à LVMH

    Hyrox, la compétition fitness née en 2017, vient d’être rachetée par L Catterton, fonds lié à LVMH. Valorisée à 600 M€, elle revendique 1,4 million de participants dans 30 pays.

    Une compétition née dans un hangar hambourgeois

    En 2017, Christian Toetzke et Moritz Fürste lancent Hyrox à Hambourg avec une idée simple : créer une compétition accessible à tous, reproductible à l’identique dans le monde entier. Le format ne change jamais. Huit kilomètres de course, entrecoupés de huit exercices fonctionnels toujours dans le même ordre : rameur, burpees, poussée de traîneau, sandbag lunges, lancers de médecine-ball. Pas de sélection préalable. N’importe qui peut s’inscrire en ligne, s’entraîner et se présenter au départ. C’est cette accessibilité qui fait la force du modèle. Une performance réalisée à Paris peut être comparée à celle d’un concurrent de Tokyo ou de New York : même parcours, mêmes exigences, même chrono de référence. En moins de dix ans, Hyrox est passé d’un événement confidentiel à un phénomène mondial. La saison 2025-2026 affiche 1,4 million de participants et 1,5 million de spectateurs, répartis sur plus de 100 événements dans plus de 30 pays. Une croissance qui n’a pas échappé aux investisseurs.

    L Catterton, le bras armé financier de LVMH, entre au capital

    Le 8 septembre, Infront Sports & Media cède sa participation majoritaire dans Hyrox. Les acquéreurs : L Catterton, le fonds WndrCo, et les deux fondateurs eux-mêmes, qui reprennent ainsi le contrôle de leur entreprise. L Catterton est une société d’investissement créée en partenariat avec LVMH et le Groupe Arnault, spécialisée dans les marques de consommation à fort potentiel de croissance. Son portefeuille compte déjà des noms comme Peloton, Birkenstock ou Evian. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué officiellement, mais Reuters évalue Hyrox à environ 600 millions d’euros. Ce n’est pas une acquisition directe par LVMH, mais le signal est clair : les grands acteurs du luxe et du capital s’intéressent désormais à l’économie du sport participatif. Hyrox n’est plus seulement une course. C’est une marque, un écosystème, une communauté mondiale.

    Participants Hyrox en compétition
    Unsplash

    Un modèle économique bien huilé

    La puissance d’Hyrox ne repose pas uniquement sur les droits d’inscription. L’entreprise a construit un écosystème complet autour de la compétition : salles affiliées, programmes d’entraînement certifiés, matériel et équipements, produits dérivés, contenus digitaux, voyages et événements premium. Puma est partenaire officiel jusqu’en 2030 et sponsorise les Championnats du monde. La marque a su transformer chaque participant en ambassadeur. Les réseaux sociaux regorgent de vidéos de préparation, de chronos partagés, de tenues estampillées Hyrox. Ce phénomène communautaire génère une visibilité organique considérable et alimente un marché de l’équipement et du lifestyle sportif en pleine expansion. Entre 2023-2024 et 2025-2026, le nombre de participants est passé de 175 000 à 1,4 million. La courbe de croissance a de quoi faire briller les yeux de n’importe quel investisseur.

    Le luxe s’invite dans le fitness de masse

    L’entrée de L Catterton dans le capital d’Hyrox révèle une tendance de fond : le rapprochement entre l’univers du luxe et celui du sport participatif. LVMH n’en est pas à son coup d’essai. Le groupe a investi dans des événements comme la Formule 1 ou le golf via différentes structures, cherchant à capter une clientèle aisée, active et en quête d’expériences exclusives. Hyrox coche toutes ces cases. Ses participants sont souvent des cadres, des entrepreneurs, des professionnels trentenaires et quarantenaires qui dépensent sans compter en équipement, abonnements et voyages sportifs. Un profil qui correspond parfaitement à la clientèle historique des maisons du groupe. L’enjeu pour L Catterton est d’accélérer l’internationalisation de la marque, notamment en Asie et aux États-Unis, tout en préservant l’identité communautaire qui fait sa force.

    Une valorisation qui donne le vertige

    600 millions d’euros pour une compétition sportive fondée il y a moins de dix ans dans une salle de sport allemande. Le chiffre dit tout de l’appétit des marchés pour le bien-être et le sport de performance accessible. Hyrox entre dans une catégorie encore rare : celle des compétitions qui ont réussi à créer un format universel, scalable et monétisable à grande échelle. Le CrossFit avait tenté l’aventure avant lui, avec des résultats contrastés. Hyrox, lui, a misé sur la standardisation absolue et l’ouverture totale au grand public. C’est ce choix qui lui permet aujourd’hui d’attirer les fonds les plus sophistiqués de la planète. Les fondateurs restent aux commandes. Et avec L Catterton dans leur dos, la prochaine étape pourrait bien être une introduction en Bourse.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • La mythique Citroën 2CV fait son grand retour en version électrique

    La mythique Citroën 2CV fait son grand retour en version électrique

    Citroën ressuscite la 2CV au Mondial de l’Auto 2026 : 100% électrique, moins de 15 000€ avant aides, commercialisation prévue pour 2028. Le retour d’une icône française.

    L’étoile du Mondial de l’Auto 2026

    Il y a des voitures qui ne meurent jamais vraiment. La Citroën 2CV en fait partie. Arrêtée en 1990 après 5,1 millions d’exemplaires vendus depuis 1948, la «Deuche» revient sous les projecteurs du Mondial de l’Automobile 2026, à la Porte de Versailles, dans une version qui fait déjà sensation. Baptisée 2CV Concept, cette citadine 100% électrique de 3,76 mètres de long est incontestablement la star du salon. Citroën, qui avait longtemps résisté à la tentation du néo-rétro, a finalement sauté le pas. Et le résultat séduit. Xavier Chardon, directeur général de Citroën, résume l’ambition en trois mots : portefeuille, cerveau, cœur. «Cette nouvelle 2CV va démarrer à 15 000 euros, elle sera zéro émission, et puis c’est surtout parler au cœur», confie-t-il. Le message est clair : la marque aux chevrons ne veut pas faire une voiture électrique de plus. Elle veut démocratiser la mobilité électrique, comme la 2CV originale avait démocratisé la mobilité tout court après-guerre.

    Un design entre nostalgie et modernité

    Les designers de Citroën ont relevé un défi délicat : réinterpréter une icône sans la trahir. Le résultat tient la promesse. La silhouette ronde caractéristique est là, avec ses projecteurs ronds détachés de la carrosserie, son toit en toile courbe et son pare-brise très droit. Le capot sculpté à stries rend hommage à la TPV, la «Toute Petite Voiture» de 1939, prototype à l’origine de la mythique 2CV. Une teinte exclusive baptisée «Rouge Infra Red» habille le concept. Sur le flanc, trois chiffres gravés résument toute l’histoire : 48, 90, 26. Soit 1948, année de sa première présentation au Salon de Paris, 1990, date de la fin de sa production, et 2026, année de sa renaissance électrique. L’intérieur, lui aussi, renoue avec la simplicité revendiquée de l’original. Les banquettes en tissu tartan jaune acidulé remplacent les sièges classiques. La boîte automatique reprend la forme de l’ancien levier de vitesses. Et fidèle au cahier des charges imaginé par Pierre-Jules Boulanger dans les années 1930, les rangements sont moulés pour accueillir des œufs sans les casser.

    Moins de 15 000 euros : le pari de l’accessibilité

    C’est sans doute le chiffre qui fait le plus parler. Moins de 15 000 euros avant aides d’État : Citroën positionne sa future 2CV électrique très en dessous des références actuelles du marché. La Renault 5 électrique et la Fiat 500 électrique, deux icônes rétro-modernes saluées par le public, se situent sensiblement au-dessus. Citroën choisit délibérément une autre voie, celle du volume et de l’accessibilité, cohérente avec l’ADN de la marque. Avec les bonus écologiques et aides à l’achat disponibles en France, le ticket d’entrée réel pourrait descendre sous les 10 000 euros pour de nombreux ménages. Un positionnement qui pourrait transformer le marché de la voiture électrique en France, encore freiné par des prix perçus comme dissuasifs par une large partie de la population.

    Une expérience sensorielle fidèle à l’original

    Citroën ne s’est pas contenté du design. Les références à l’original sont aussi sonores. Le concept reprend le son authentique du klaxon d’époque et intègre un générateur sonore reproduisant la sonorité du mythique moteur bicylindre, au démarrage comme à la conduite. Une façon de renouer avec l’identité auditive de la 2CV, aussi reconnaissable que sa silhouette. Les pédales d’accélérateur et de frein arborent également des détails clin d’œil aux versions historiques. L’ensemble crée une cohérence rare entre le passé et le présent, sans tomber dans la copie conforme ni dans la rupture totale. C’est peut-être là le tour de force de ce concept : il est immédiatement reconnaissable comme une 2CV, tout en étant clairement une voiture du XXIe siècle.

    2028 : le compte à rebours est lancé

    Le 2CV Concept n’est pour l’instant qu’une préfiguration. La version de série est attendue pour 2028, avec une commercialisation en Europe. D’ici là, Citroën devra tenir sa promesse tarifaire, affiner la fiche technique définitive et convaincre les marchés que la magie de la 2CV peut se transposer à l’ère électrique. Le défi industriel est considérable, dans un secteur sous pression concurrentielle intense, notamment de la part des constructeurs chinois également présents en force à ce Mondial 2026. Mais Citroën a un atout que personne d’autre ne possède : le nom. La 2CV, c’est une part de l’histoire de France. Et ça, ça ne s’achète pas.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • Airbus signe un contrat géant de plus de 18 milliards de dollars

    Airbus signe un contrat géant de plus de 18 milliards de dollars

    Le loueur irlandais Avolon vient de commander 110 appareils Airbus pour plus de 18 milliards de dollars. Une commande géante qui sécurise la production toulousaine de l’A330 jusqu’en 2034.

    110 appareils, 18 milliards de dollars

    Avolon, troisième plus grand loueur d’avions au monde, a signé une commande ferme auprès d’Airbus portant sur 110 appareils : 35 A330-900 et 75 avions de la famille A320neo. Aux derniers prix catalogue connus de l’avionneur (2018), le montant dépasse les dix-huit milliards de dollars. Une option pour 100 Airbus supplémentaires est également prévue, sous réserve de l’approbation de l’actionnaire majoritaire du groupe, le chinois Bohai Leasing. Avec cet accord, Avolon dépasse les 114 A330neo commandés au total, s’imposant comme le premier loueur mondial sur ce modèle. Sa flotte totale attendue atteint désormais 749 appareils.

    Une très bonne nouvelle pour Toulouse

    La commande a des retombées directes sur l’industrie française. L’A330 est assemblé exclusivement à l’usine Clément-Ader, en bordure des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Avec ce nouveau contrat, le carnet de commandes pour ce long-courrier passe de 320 à plus de 430 exemplaires. À une cadence de cinq appareils par mois, la production est ainsi sécurisée pour les sept prochaines années, contre cinq auparavant. L’A320, best-seller d’Airbus dont deux lignes de production sur dix se trouvent à Toulouse (usine Jean-Luc Lagardère à Blagnac), bénéficie lui aussi de ce volume de commandes.

    Airbus A321neo en vol sur fond de ciel bleu
    BriYYZ from Toronto, Canada / Wikimedia Commons / CC BY-SA 2.0

    Avolon, un appétit d’ogre

    Cette commande Airbus ne représente que la moitié de l’opération annoncée vendredi par Avolon. Le loueur dublinois a également signé un contrat pour 140 Boeing 737 MAX, portant l’acquisition globale à 250 appareils. Un double deal rarissime par son ampleur. Avolon gère aujourd’hui une flotte de 561 appareils en propriété et 32 en gestion. Ses clients regroupent des dizaines de compagnies aériennes majeures dans le monde, dont Air France, EasyJet, Japan Airlines, Lufthansa et Qatar Airways.

    La demande d’avions neufs ne faiblit pas

    « Nous constatons une demande soutenue pour les avions neufs, et cette commande vient renforcer notre calendrier de livraisons sur le long terme », a déclaré Andy Cronin, PDG d’Avolon. Les délais de livraison atteignent aujourd’hui sept à huit ans en moyenne, conséquence directe des perturbations des chaînes d’approvisionnement et de la forte reprise du trafic aérien mondial. Dans ce contexte, les loueurs jouent un rôle croissant : ils permettent aux compagnies d’obtenir des appareils plus rapidement et avec plus de flexibilité que par un achat direct.

    Airbus conforte sa position de leader

    Du côté d’Airbus, la satisfaction est totale. « Il s’agit d’une commande majeure portant à la fois sur l’A330neo et la famille A320neo, et nous remercions Avolon pour la confiance renouvelée qu’elle témoigne à nos produits », a réagi Benoît de Saint-Exupéry, vice-président exécutif des ventes d’Airbus. L’avionneur européen confirme ainsi sa capacité à attirer les méga-commandes dans un marché aéronautique plus compétitif que jamais. Face à Boeing, encore en difficulté, Airbus consolide son avance et l’attractivité de sa gamme neo sur tous les segments, du court-courrier au long-courrier.

    La rédaction ICONIQ. Business

  • Elon Musk veut lancer son propre réseau téléphonique avec SpaceX

    Elon Musk veut lancer son propre réseau téléphonique avec SpaceX

    SpaceX rachète des fréquences mobiles aux États-Unis pour lancer Starlink Mobile. Le projet d’Elon Musk fait déjà chuter AT&T, Verizon et T-Mobile en Bourse.

    L’acquisition qui change tout

    Le jeudi 9 octobre 2026, SpaceX a officialisé une acquisition stratégique majeure : le rachat d’un portefeuille de licences de bande de basse fréquence auprès de la société d’investissement Grain Management. Ces fréquences sont indispensables pour proposer une couverture mobile étendue et continue sur l’ensemble du territoire américain, y compris dans les zones rurales et montagneuses où le signal fait traditionnellement défaut. L’opération « écarte l’un des derniers obstacles clés dans l’optique de faire de Starlink Mobile un opérateur mobile majeur aux États-Unis », a déclaré SpaceX dans un communiqué officiel. En clair : le groupe d’Elon Musk n’est plus un acteur hypothétique des télécoms, il est désormais un concurrent réel, armé et déterminé. Et les marchés financiers l’ont compris immédiatement.

    Wall Street sanctionne les opérateurs traditionnels

    La réaction des Bourses a été immédiate et brutale. Dès l’annonce, dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, les trois géants américains de la téléphonie mobile ont chuté lourdement : AT&T abandonnait 7,64 %, Verizon 6,69 % et T-Mobile 7,19 %. Des baisses massives qui traduisent une inquiétude profonde des investisseurs face à l’arrivée d’un concurrent disposant d’une infrastructure satellitaire déjà opérationnelle à grande échelle. Starlink, la filiale internet de SpaceX, offre déjà un accès haut débit dans de nombreux pays, dont les États-Unis. La transition vers la téléphonie mobile représente la prochaine étape logique d’un déploiement qui n’a cessé de s’accélérer depuis 2020.

    Portrait Elon Musk
    Elon Musk. Crédit : Gage Skidmore / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

    « Nous leur prendrons pas mal de clients »

    Le ton chez SpaceX est offensif. En août 2026, lors de la première présentation des résultats trimestriels de l’entreprise, Gwynne Shotwell, présidente du groupe, avait posé les bases : « Je m’attends à ce que nous leur prenions pas mal de clients, parce que je pense que notre service sera meilleur. » Un lancement commercial de Starlink Mobile est envisagé pour fin 2027. Elon Musk, lui, n’a pas résisté à commenter l’annonce sur X : « C’est un grand jour pour Starlink Mobile. » Deux phrases. Suffisantes pour mettre le feu aux poudres et faire trembler des décennies d’oligopole télécoms américain. SpaceX dit viser tous les Américains, « des villes denses jusqu’aux collectivités rurales les plus reculées », une ambition qui dépasse largement le créneau des zones blanches.

    Les opérateurs traditionnels minimisent, mais s’inquiètent

    Côté opérateurs, la réaction publique oscille entre minimisation et inquiétude contenue. Le patron d’AT&T, John Stankey, a qualifié le plan de SpaceX de « stratégie non viable » fin septembre. Le patron de Verizon, Dan Schulman, a affirmé ne pas considérer Starlink Mobile comme un « concurrent direct », arguant qu’en milieu urbain, le réseau terrestre est « 100 fois, parfois mille fois plus efficace ». Une analyste du courtier Bernstein, Madison Rezaei, nuance le tableau : Starlink Mobile « pourrait combler un manque sur le marché » dans les régions mal couvertes, « mais il est loin de remplacer les opérateurs » disposant d’un réseau terrestre dense. Des arguments techniques réels, mais qui ne suffisent pas à rassurer des marchés qui ont tranché sans hésiter.

    La prochaine grande bataille des télécoms

    L’irruption de SpaceX dans les télécoms mobiles s’inscrit dans un mouvement plus large de disruption des infrastructures traditionnelles par les acteurs de la tech et du spatial. Elon Musk a déjà démontré, avec Tesla dans l’automobile et Starlink dans l’internet, sa capacité à bousculer des secteurs établis en partant de zéro. Les opérateurs téléphoniques, qui ont longtemps bénéficié de barrières à l’entrée colossales (licences, infrastructures, roaming), voient soudain ces remparts fragilisés par une constellation de satellites en orbite basse. Si Starlink Mobile tient ses promesses en termes de couverture et de prix, la recomposition du marché américain des télécoms pourrait être spectaculaire. Et contagieuse, bien au-delà des frontières américaines.

    La rédaction ICONIQ. Business