11,6 milliards d’euros en 3 mois : L’Oréal dépasse les prévisions mondiales

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Porté par les soins capillaires, la cosmétique de luxe et le dynamisme du marché chinois, le géant français de la beauté accélère sa croissance et confirme sa puissance mondiale.

Des chiffres qui dépassent toutes les prévisions

Le 22 octobre 2026, L’Oréal a publié des résultats trimestriels qui ont pris de court les analystes : 11,56 milliards d’euros de ventes sur trois mois, une croissance de 7,7 % en données comparables, bien au-delà des 5,9 % attendus. Le troisième trimestre 2026 s’inscrit comme l’un des plus solides de l’histoire récente du groupe. Avec 11,56 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur la seule période juillet-septembre, L’Oréal affiche une progression de 11,9 % en données publiées, et de 7,7 % en données comparables ajustées. Sur les neuf premiers mois de l’année, le cumul atteint 35,33 milliards d’euros, en hausse de 7,7 % en données publiées. Les analystes de Barclays ont résumé la situation en une formule : « L’Oréal joue dans une autre catégorie. » Le lendemain de la publication, le titre a bondi de 3,75 % à la Bourse de Paris, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2024.

Quatre divisions, quatre moteurs de croissance

La performance est homogène et aucune division n’est en reste. Les produits professionnels, portés par Kérastase et Redken, enregistrent la plus forte progression avec des ventes en hausse de 19,1 % à 1,5 milliard d’euros, bénéficiant de l’engouement mondial pour les soins capillaires haut de gamme. La division dermatologique, qui regroupe La Roche-Posay et Vichy, progresse de 15,7 % à 1,9 milliard d’euros. La cosmétique de luxe, tirée par les parfums Yves Saint Laurent, Lancôme et la marque récemment acquise Creed, grimpe de 12,3 % à 4,2 milliards d’euros. Quant aux produits grand public, L’Oréal Paris et NYX Professional Makeup en tête, ils progressent de 7,5 % à 4 milliards d’euros.

Boutique L'Oréal Paris
SYSHLWO MSRPSL SUNGA / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Un rayonnement mondial, de la Chine à l’Europe

Toutes les zones géographiques affichent une croissance positive, ce qui est remarquable dans un contexte de volatilité économique internationale. L’Asie du Nord, portée par la Chine, bondit de 14,1 % à 2,2 milliards d’euros. L’Oréal indique progresser trois fois plus vite que le marché chinois depuis le début de l’année, grâce notamment à la cosmétique de luxe. L’Europe réalise de son côté une performance solide avec une hausse de 13,2 % à 4 milliards d’euros, contre un consensus à 4,9 % prévu par Jefferies. L’Amérique du Nord progresse de 6 % à 3,2 milliards d’euros, et la zone Asie du Sud, Pacifique, Moyen-Orient et Afrique subsaharienne bondit de 21 % à 1,2 milliard d’euros.

L’effet rouge à lèvres, moteur structurel de la beauté

Comment expliquer qu’un secteur tire aussi bien son épingle du jeu dans un environnement économique contraint ? Les économistes évoquent depuis longtemps ce que l’on appelle l’effet rouge à lèvres : même lorsque le pouvoir d’achat recule, les consommateurs continuent de s’accorder de petits plaisirs accessibles, un parfum ou une crème plutôt qu’un sac ou une montre. Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse des marchés pour eToro, va plus loin : « Les consommateurs restent prêts à dépenser davantage lorsqu’ils identifient un bénéfice concret. Réparer les cheveux, protéger la peau, atténuer les signes du vieillissement ou réduire les imperfections devient un puissant moteur d’achat, même lorsque le budget des ménages reste contraint. »

Un portefeuille de marques taillé pour durer

La force de L’Oréal réside aussi dans la diversité et la complémentarité de ses marques. Du soin dermatologique grand public avec CeraVe à la parfumerie de prestige avec Lancôme ou Creed, en passant par le professionnel avec Kérastase ou le maquillage accessible avec NYX, le groupe peut toucher presque tous les segments de consommateurs dans presque tous les pays. Nicolas Hieronimus, directeur général du groupe, a réitéré sa confiance dans la capacité de L’Oréal à « réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d’affaires et de la rentabilité ». Une promesse que les marchés, au vu des résultats du troisième trimestre, ont toutes les raisons de prendre au sérieux.

La rédaction ICONIQ. Business

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