Auteur/autrice : Rédaction ICONIQ. Politique

  • Primaire de la gauche : plus de 140 000 votants pour départager cinq candidats

    Primaire de la gauche : plus de 140 000 votants pour départager cinq candidats

    Plus de 140 000 électeurs participent à la primaire de la gauche ce 9 octobre. Raphaël Glucksmann est favori des sondages, mais l’issue du scrutin reste incertaine.

    Un vote inédit qui mobilise massivement

    Le premier tour de la primaire sociale-démocrate en vue de la présidentielle 2027 a officiellement débuté ce vendredi 9 octobre à 8h00. Quelque 140 000 électeurs inscrits sur la plateforme Choisir 2027 sont appelés à se prononcer pour désigner le candidat de la gauche modérée à l’Elysée. Le vote, entièrement électronique, se déroule jusqu’au samedi 10 octobre à 20h00, et les résultats du premier tour seront connus dans la foulée. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, un second tour sera organisé les 16 et 17 octobre. L’organisation de cette primaire inédite, portée par la plateforme citoyenne Choisir 2027, constitue en elle-même un signal fort : la gauche non-radicale entend exister et peser dans la course à l’Elysée, loin des turbulences de La France insoumise.

    Glucksmann en tête, Royal surprend

    Selon un sondage Harris Interactive publié vendredi matin pour RTL, Raphaël Glucksmann (Place publique) domine largement les intentions de vote parmi les Français se disant de gauche, avec 33 % des suffrages. L’eurodéputé, qui entend « refonder la gauche démocratique et la faire gagner en 2027 », bénéficie également d’une image très positive : 53 % des sympathisants de gauche en ont une bonne opinion, et 49 % le jugent convaincant. Mais la vraie surprise vient de Ségolène Royal. L’ancienne candidate de 2007 se classe deuxième avec 16 % des intentions de vote, devançant nettement Olivier Faure, premier secrétaire du PS, crédité de 9 %. Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ferment la marche à 5 % chacun. Un classement qui reflète une course bien plus ouverte que les états-majors ne l’anticipaient.

    La fracture LFI au coeur des débats

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    Choisir 2027 / Wikimedia Commons / Public Domain

    Au terme de trois débats télévisés parfois tendus, une ligne de fracture majeure s’est imposée entre les candidats : la question de l’alliance avec La France insoumise. D’un côté, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj refusent catégoriquement tout rapprochement avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qu’ils accusent de jouer avec les codes de l’antisémitisme. Pour eux, une alliance avec LFI serait synonyme d’échec électoral et de compromission idéologique. De l’autre, Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel plaident pour un rassemblement de toute la gauche à l’Assemblée nationale, estimant qu’une victoire en 2027 passe nécessairement par l’unité. Cette divergence profonde structure la campagne et pourrait peser lourd dans le choix des électeurs ce week-end.

    Des accusations croisées et un climat électrique

    Les échanges entre candidats n’ont pas toujours été courtois. Glucksmann et Guedj ont accusé Faure, Royal et Maurel de « soumission » vis-à-vis de LFI, une formule qui a fait mouche dans les médias. En retour, Faure et Royal ont reproché à Glucksmann de vouloir glisser vers le centre, voire de courtiser un électorat macroniste orphelin. Ces tensions révèlent les contradictions d’une gauche qui cherche à la fois à s’unir et à se différencier. La campagne aura au moins eu le mérite de clarifier les positionnements et d’alimenter un vrai débat de fond sur la stratégie électorale de la gauche pour 2027.

    Quel avenir pour la gauche après ce scrutin ?

    Quelle que soit l’issue de ce premier tour, la primaire représente un pari audacieux. Si le vainqueur parvient à fédérer derrière lui les électeurs de gauche, la dynamique pourrait bousculer les pronostics pour la présidentielle. Mais le risque de fracture reste réel : les candidats battus accepteront-ils tous de soutenir le gagnant, surtout si la ligne LFI reste au centre du débat ? Glucksmann, fort de sa position de favori et de son ancrage européen, semble le mieux placé pour incarner ce rassemblement. Mais la politique française a souvent réservé des surprises. La gauche est à un tournant, et les 140 000 électeurs de Choisir 2027 en tiennent les clés ce week-end.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Bally Bagayoko : pourquoi le maire de Saint-Denis fait-il parler de lui aux États-Unis ?

    Bally Bagayoko : pourquoi le maire de Saint-Denis fait-il parler de lui aux États-Unis ?

    Les vidéos de Bally Bagayoko, lors d’une manifestation lycéenne à Paris, font le buzz jusqu’aux États-Unis, attirant même l’attention du célèbre média américain TMZ.

    Une publication inattendue signée TMZ

    C’est une publication plutôt inattendue. Le 7 octobre 2026, TMZ partage sur X plusieurs images de Bally Bagayoko au milieu d’une manifestation lycéenne à Paris. Le média américain, habituellement consacré aux célébrités et à l’actualité d’Hollywood, montre le maire de Saint-Denis entouré de manifestants, puis recevant des soins après avoir été exposé à des gaz lacrymogènes. Fondé en 2005 et aujourd’hui propriété de Fox Corporation, TMZ s’est notamment fait connaître pour ses révélations sur les plus grandes personnalités du divertissement américain. Voir un maire français apparaître sur son compte X témoigne de l’écho international pris par ces images.

    Qui est Bally Bagayoko ?

    Bally Bagayoko, 52 ans, est le maire de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Membre de La France insoumise (LFI), il a remporté les élections municipales dès le premier tour, le 15 mars 2026, avec 50,77 % des voix. Originaire des quartiers populaires de Saint-Denis, cet ancien basketteur semi-professionnel et cadre de la RATP est engagé en politique depuis plus de vingt ans. Son élection à la tête de cette importante commune francilienne avait déjà attiré l’attention. Mais ce sont désormais les images de son intervention auprès des lycéens qui lui donnent une visibilité internationale.

    Des images de manifestation qui font le tour du monde

    Le mardi 6 octobre, Bally Bagayoko participe à une manifestation organisée à Paris dans le cadre de la mobilisation lycéenne pour de meilleures conditions d’apprentissage. Sur plusieurs vidéos, on le voit s’interposer entre des policiers et de jeunes manifestants, leur demandant de ne pas avancer. La situation se tend. L’élu est ensuite touché par des gaz lacrymogènes et reçoit du sérum physiologique pour soulager ses yeux. Interrogé par Reuters, il affirme avoir voulu protéger des jeunes qui, selon lui, ne présentaient aucun comportement agressif envers les policiers. Ces séquences circulent rapidement sur les réseaux sociaux, puis sont reprises par plusieurs médias internationaux, dont TMZ, CNN et des médias européens.

    Un maire devenu figure du mouvement lycéen

    En quelques heures, Bally Bagayoko est devenu l’un des visages les plus marquants de cette mobilisation lycéenne. Sa présence dans le cortège, son costume-cravate contrastant avec la foule des manifestants, les images de ses yeux rougis par les lacrymogènes : tout cela a produit un récit visuel puissant, immédiatement relayé au-delà des frontières françaises. Pour LFI, dont il est l’un des élus locaux les plus en vue, c’est une exposition médiatique inédite. Pour les lycéens mobilisés, c’est la confirmation que leur mouvement a désormais une résonance bien au-delà des rues de Paris.

    La France sous le regard du monde

    Que TMZ, média emblématique du divertissement américain, s’empare d’une manifestation lycéenne française dit quelque chose de la puissance des réseaux sociaux et de la vitesse à laquelle une image peut franchir les frontières. En quelques clics, un maire de banlieue parisienne devient un sujet de curiosité pour des millions d’Américains. Une illustration, parmi d’autres, de la façon dont les conflits sociaux français s’exportent désormais dans le débat mondial, portés par des algorithmes qui ne connaissent ni frontières ni langues.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Sébastien Lecornu : son numéro de téléphone fuite après un piratage du Slip Français

    Sébastien Lecornu : son numéro de téléphone fuite après un piratage du Slip Français

    Même le chef du gouvernement n’échappe pas aux fuites de données. Le numéro personnel de Sébastien Lecornu a été divulgué après le piratage du Slip Français.

    Une commande de sous-vêtements à l’origine de la fuite

    L’affaire a de quoi surprendre par son point de départ. En 2024, alors qu’il était encore ministre de la Défense, Sébastien Lecornu avait passé commande sur le site Le Slip Français, marque de sous-vêtements tricolore. La même année, l’entreprise subissait une cyberattaque massive, précisément le 15 avril 2024. Bilan : environ 1,5 million de données concernant près de 696 000 clients, présents et anciens, se sont retrouvées exposées en ligne. Parmi elles, celles du futur Premier ministre. L’entreprise avait à l’époque assuré qu’aucune donnée bancaire ni aucun mot de passe n’étaient concernés. Cela n’a pas empêché les informations personnelles de nombreux clients, dont Sébastien Lecornu, de circuler sur des annuaires en ligne illégaux.

    Comment la presse a découvert l’information

    C’est en consultant l’un de ces nombreux sites permettant de vérifier si ses données ont été compromises lors de piratages que Le Canard Enchaîné a mis la main sur l’information. Ces plateformes, loin d’être légales selon BFM TV, agrègent des bases de données volées et les rendent accessibles à qui sait où chercher. Le gouvernement a d’ailleurs saisi la justice contre ces sites en juin 2026. Le numéro de portable du Premier ministre était donc accessible de cette façon, un détail embarrassant pour un chef de gouvernement qui gère quotidiennement des dossiers sensibles liés à la sécurité nationale.

    Logo Le Slip Français
    Mayanne Trias / Wikimedia Commons / Public Domain

    Lecornu loin d’être le seul ministre touché

    Le cas du Premier ministre n’est pas isolé. Selon le recensement effectué par Le Canard Enchaîné, des données personnelles de 25 des 36 membres du gouvernement Lecornu circulent sur internet. Les sources des fuites sont variées et souvent anodines dans leur origine. L’adresse personnelle de la ministre des Armées a été exposée après le piratage de son opticien à Reims. Le numéro de téléphone personnel du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou est accessible en ligne. Les données personnelles du ministre délégué de l’Intérieur Jean-Didier Berger ont fuité suite à une faille chez son réparateur d’électroménager. Plus grave encore, le numéro de Sécurité sociale et le RIB de la ministre chargée du Numérique ont été compromis, tout comme les identifiants professionnels de la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

    Un révélateur des failles de la cybersécurité en France

    Cette affaire illustre de façon frappante la vulnérabilité numérique généralisée, y compris au plus haut niveau de l’État. Les données des membres du gouvernement n’ont pas été volées directement dans des systèmes gouvernementaux sécurisés. Elles ont fuité via des prestataires privés de la vie quotidienne, opticiens, commerçants en ligne, réparateurs. Ce sont ces maillons faibles de la chaîne numérique qui exposent tout le monde, même ceux qui ont accès aux secrets d’État. La France reste l’une des cibles privilégiées des cyberattaques en Europe, et cette révélation du Canard Enchaîné repose crûment la question de la formation et de la vigilance numérique pour l’ensemble des responsables politiques.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Qui est Elwan ? Le lycéen devenu viral après avoir embrassé Jean-Luc Mélenchon

    Qui est Elwan ? Le lycéen devenu viral après avoir embrassé Jean-Luc Mélenchon

    Elwan, lycéen parisien de 17 ans, est devenu viral après avoir embrassé Jean-Luc Mélenchon lors d’une manifestation contre la réforme des lycées, le 6 octobre 2026.

    Un baiser, une vidéo, dix millions de vues

    Tout commence le mardi 6 octobre, dans le cortège d’une manifestation lycéenne. Elwan, lycéen en terminale au lycée Jacques-Decour dans le IXe arrondissement de Paris, croise Jean-Luc Mélenchon et l’embrasse spontanément sur la joue. Le leader de La France Insoumise publie aussitôt une photo sur Instagram avec la légende : « Rencontre de tribuns du peuple ! » La vidéo circule à toute vitesse sur X et les autres plateformes. En moins de 48 heures, elle cumule plus de 10 millions de vues. Le nom d’Elwan s’impose dans les tendances.

    Un lycéen au verbe rare

    Ce qui frappe dans les vidéos qui circulent en ligne, c’est l’aisance oratoire du jeune homme. Filmé par le vidéaste Vincent Lapierre sur un blocus lycéen, Elwan parle de ségrégation sociale, d’inégalités entre établissements scolaires, de la violence dans les banlieues. « En banlieue la violence est bien plus favorable pour les individus parce qu’ils n’ont rien », dit-il. Il évoque les lycées de périphérie mal chauffés en hiver, surchauffés en été, où les cours ne peuvent pas se tenir normalement. Son ton direct, son keffieh noué autour du cou, sa raie sur le côté bien tracée : le personnage détonne, et fascine.

    Un engagement politique clair

    Elwan ne cache pas ses opinions. Il se mobilise « par solidarité avec les élèves de la périphérie parisienne » et réclame une « gauche de rupture » au pouvoir. Il s’en prend nommément à Macron, à Lecornu et, avec une formule désormais célèbre, à Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale qu’il désigne comme « Geoffray je sais pas quoi ». « Ces gens-là se disent être des patriotes, dans ce cas-là qu’ils aiment la France jusqu’au bout, jusqu’à son avenir. Qu’ils forment la jeunesse ! », clame-t-il. Sur LFI, il va encore plus loin : « La France insoumise va sauver les jeunes. » Une phrase devenue virale à son tour.

    La droite et l’extrême droite s’engouffrent dans la brèche

    Le profil d’Elwan ne plaît pas à tout le monde. Certains pointent le fait qu’il a accepté d’être filmé par Vincent Lapierre, vidéaste proche de l’extrême droite, et qu’il lui a même montré son autorisation parentale avec le sourire. Les milieux conservateurs tentent de retourner les vidéos contre lui et contre LFI, soulignant une certaine ambiguïté dans ses prises de parole. Mais sur les réseaux, la majorité des commentaires restent positifs. Pour beaucoup d’internautes, Elwan incarne une jeunesse qui parle vrai, sans langue de bois, sans peur.

    Le symbole d’une génération qui se soulève

    Au-delà de l’anecdote virale, Elwan cristallise quelque chose de plus profond : la colère d’une génération lycéenne qui se sent abandonnée par le système éducatif. Les manifestations se multiplient depuis plusieurs semaines dans les lycées français. Les élèves dénoncent les inégalités entre établissements, le manque de moyens, la dégradation des conditions d’apprentissage. Elwan met un visage, une voix et une formule choc sur ce mouvement. Qu’il le veuille ou non, il est devenu un symbole.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Gazole, école, budget : ce que Sébastien Lecornu a annoncé aux Français

    Gazole, école, budget : ce que Sébastien Lecornu a annoncé aux Français

    Face à une série de crises simultanées, Sébastien Lecornu a pris la parole depuis Matignon ce mercredi 7 octobre. Le Premier ministre a multiplié les annonces pour tenter d’éteindre plusieurs incendies à la fois.

    Les lycéens entendus, des décisions promises fin octobre

    La colère lycéenne était au coeur de l’allocution. Depuis plusieurs semaines, les blocages de lycées se multiplient à travers la France, portés par des jeunes qui expriment leur inquiétude face à l’avenir, au coût des études et aux conditions d’apprentissage. Sébastien Lecornu a voulu d’abord désamorcer les tensions sur le maintien de l’ordre : « Les forces de l’ordre n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens », a-t-il assuré, demandant qu’elles agissent « de manière proportionnée dans un contexte souvent très difficile ». Sur le fond, il a reconnu la légitimité de la mobilisation. « La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nous leur avons demandé des efforts considérables », a-t-il admis. La plateforme gouvernementale ouverte pour recueillir les contributions des lycéens a déjà rassemblé 40 000 remontées. Des « premières décisions » seront présentées « à la fin du mois d’octobre », a promis le chef du gouvernement, sans préciser leur contenu.

    Manifestation lycéens 2026
    FreCha / Wiki Commons / CC BY-SA 4.0

    Dix millions de barils de gazole lâchés dans le circuit

    Sur le dossier du carburant, l’annonce est concrète et immédiate. Lecornu a annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques françaises, mis à disposition des distributeurs sur une période de trois mois. L’objectif est de faire baisser mécaniquement les prix à la pompe, dans un ordre de grandeur compris entre 12 et 18 centimes par litre. « Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours et sera mis à disposition au prix de revient », a précisé le Premier ministre. Il a également annoncé une réunion avec l’ensemble des distributeurs à Matignon « dans les tout prochains jours » pour travailler sur la répercussion de cette baisse sur le prix final affiché en station-service.

    L’électricité ne doit pas augmenter cet hiver

    À l’approche de la saison froide, la question de la facture d’électricité des ménages est une préoccupation majeure. Sébastien Lecornu a été catégorique sur ce point : « Le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver. » Il a promis que le gouvernement prendrait « les décisions nécessaires pour le tenir » et a directement interpellé EDF, lui demandant de « mobiliser au maximum ses capacités de production dans le respect des exigences de sûreté ». Le chef du gouvernement a par ailleurs rappelé le poids financier du bouclier tarifaire mis en place fin 2021, qui avait coûté « plus de 10 milliards d’euros » et dont la dette est encore en cours de remboursement. Une contrainte qui, selon lui, limite la marge de manoeuvre pour répéter une telle opération.

    Un soutien renouvelé au monde agricole

    Les agriculteurs, qui traversent une crise profonde après les canicules de l’été et la pression sur leurs marges, ont également été évoqués. Lecornu a reconnu qu’il fallait « permettre aux exploitations françaises de tenir et de préparer la suite ». Il a rappelé le plan d’urgence annoncé par le ministère de l’Agriculture début septembre, tout en laissant entendre que de nouvelles mesures étaient à l’étude. Le secteur attend des gestes concrets sur les indemnisations, les charges et l’accès au crédit. Le Premier ministre n’a pas détaillé de nouvelles enveloppes financières, mais a réaffirmé l’engagement du gouvernement à leurs côtés dans une période particulièrement difficile.

    Un budget sous contrainte comme toile de fond

    Derrière toutes ces annonces plane la question de la soutenabilité budgétaire. Sébastien Lecornu l’a dit lui-même : « Nous ne pouvons pas rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise, surtout désormais avec des taux d’intérêt plus élevés. » Le contexte financier contraint le gouvernement à choisir ses batailles. L’exercice budgétaire en cours au Parlement s’annonce tendu, avec des arbitrages difficiles à rendre entre les engagements sociaux, les investissements stratégiques et la nécessité de réduire un déficit public toujours élevé. Cette allocution de Lecornu, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation lycéenne, avait aussi pour objectif de montrer un Premier ministre aux commandes, capable de répondre simultanément à plusieurs fronts ouverts.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Présidentielle 2027 : Gabriel Attal lance l’opération « 1 000 bistrots » pour aller à la rencontre des Français

    Présidentielle 2027 : Gabriel Attal lance l’opération « 1 000 bistrots » pour aller à la rencontre des Français

    L’ancien Premier ministre et candidat de Renaissance à la présidentielle de 2027 mise sur la proximité avec une opération inédite : 1 000 réunions dans des bistrots à travers toute la France pour aller au-devant des électeurs, loin des grand-messes politiques.

    Le bistrot comme QG de campagne

    C’est une séquence de rentrée atypique que Gabriel Attal a choisie pour marquer les esprits. Plutôt que l’université d’été habituelle, le secrétaire général de Renaissance a lancé ce dimanche 7 septembre l’opération « 1 000 bistrots ». Le principe est simple : organiser mille rencontres locales dans des cafés partout en France, pour échanger directement avec les Français sur leurs préoccupations quotidiennes. « Une table, un verre, des discussions en toute simplicité », résume l’entourage du candidat.

    L’ambition affichée est de faire descendre la politique dans la rue, ou plutôt dans les estaminets, loin des estrades et des discours formatés. Une façon de renouer avec un électorat qui se sent parfois éloigné des candidats et de leurs équipes nationales.

    Une stratégie de terrain assumée

    Cette opération prolonge une stratégie de terrain engagée dès l’été. Gabriel Attal avait présenté le 3 septembre à Paris son équipe de campagne, autour notamment de Maxime Cordier, Fanny Anor et Franck Riester. Le lancement des « 1 000 bistrots » s’inscrit dans la continuité de cette montée en puissance progressive, qui mise sur la présence physique autant que sur la communication nationale.

    Le format rappelle, par son ambition territoriale, les « salons connectés » organisés par Édouard Philippe en juin dernier, qui avaient réuni près de 9 500 participants dans 953 lieux. Gabriel Attal entend faire au moins aussi bien, et différemment.

    Se distinguer d’Édouard Philippe

    Car le défi d’Attal est double. Il lui faut à la fois consolider sa base électorale dans le bloc central et se démarquer de son rival Édouard Philippe, lui aussi candidat déclaré. Sur France 2, il avait tranché avec une formule directe : « Si j’avais le même projet qu’Édouard Philippe, je serais au premier rang de son meeting. » Un message clair, qui signale une volonté de creuser son propre sillon programmatique.

    Les thèmes qu’il met en avant ces dernières semaines dessinent les contours de cette identité propre : l’école, les salaires, les frontières, l’intelligence artificielle, la dette publique et la dette climatique. Autant de chantiers qu’il entend connecter aux réalités locales que remontent ses équipes depuis les bistrots.

    Le 9 septembre, une réunion clé du bloc central

    La coexistence de plusieurs candidatures dans le camp centriste nourrit des appels croissants à une clarification. Le comité de liaison regroupant Renaissance, le MoDem, Horizons et l’UDI doit se réunir le 9 septembre pour aborder, entre autres, la question de la désignation d’un candidat commun. Gabriel Attal maintient qu’il faut d’abord laisser chaque prétendant présenter son projet avant d’envisager un quelconque arbitrage.

    Dans les sondages de rentrée, Édouard Philippe conserve un avantage dans les intentions de vote au sein de l’électorat centriste. Mais les « 1 000 bistrots » sont précisément conçus pour changer la donne, en multipliant les contacts directs et en ancrant Attal dans les territoires bien avant la campagne officielle.

    La proximité comme boussole

    En faisant du bistrot un espace de campagne à part entière, Gabriel Attal envoie un signal politique fort : la présidentielle de 2027 ne se gagnera pas uniquement dans les studios de télévision ou sur les réseaux sociaux. Elle se jouera aussi dans les conversations de comptoir, face à des électeurs qui veulent être écoutés autant qu’informés.

    1 000 bistrots, 1 000 conversations, 1 000 occasions de convaincre. L’opération démarre. Reste à savoir si la méthode suffira à transformer l’essai dans les urnes.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Présidentielle 2027 : Fabien Roussel officialise sa candidature et relance la guerre à gauche

    Présidentielle 2027 : Fabien Roussel officialise sa candidature et relance la guerre à gauche

    Le secrétaire national du PCF a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2027 sur TF1, avec le mot « Vivre » comme slogan. Une décision qui rouvre les fractures à gauche et crispe Jean-Luc Mélenchon.

    Une candidature actée par les militants

    Fin du suspense. Ce dimanche 6 septembre, Fabien Roussel a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 sur le plateau de TF1. Le secrétaire national du Parti communiste français ne s’en cache pas : il se représente, cinq ans après avoir obtenu 2,3 % des voix en 2022. La décision avait été validée quelques heures plus tôt par les militants du PCF, à 72 %, lors d’un vote interne. Un mandat clair, assumé et sans ambiguïté.

    « Vivre » : le mot d’ordre d’une campagne de rupture

    Roussel a dévoilé dès l’annonce son affiche de campagne, sobre et directe, autour d’un seul mot : « Vivre ». Un choix sémantique fort, qui entend incarner un programme centré sur le quotidien des Français. Derrière ce slogan, un projet concret : un grand plan industriel, la valeur travail au centre, et une place assumée pour le nucléaire dans la transition énergétique.

    Il promet un « programme de rupture » et entend s’adresser à ceux qui ont décroché de la gauche. « Le problème de la gauche ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats, a-t-il déclaré sur TF1. C’est qu’elle ne soit pas majoritaire dans le pays. » Roussel veut reconquérir « des hommes et des femmes qui ne votent plus ou qui s’égarent dans leur vote ».

    Mélenchon en embuscade, la gauche à nouveau fracturée

    Si la candidature de Roussel réjouit les communistes, elle irrite ouvertement Jean-Luc Mélenchon. Le souvenir de 2022 est cuisant pour le fondateur de La France insoumise : il avait raté le second tour pour environ 400 000 voix, soit quasiment le score de Roussel ce soir-là. L’équation arithmétique est connue, et la blessure toujours vive.

    En juillet, Mélenchon avait déjà exprimé publiquement sa déception face à la perspective d’une candidature communiste autonome. « Cela me déçoit. J’ai été le candidat du Parti communiste à deux élections présidentielles. Qu’ai-je fait depuis qui me vaille un tel opprobre ? », avait-il lancé. Les deux hommes campent sur leurs positions, et la primaire à gauche n’est pas à l’ordre du jour.

    Des sondages qui relativisent la menace

    Dans un sondage Ipsos publié ce dimanche par Le Parisien, Fabien Roussel est crédité de 2,5 à 3,5 % des intentions de vote pour le premier tour. Jean-Luc Mélenchon, lui, se situe entre 15 et 17 %. Des chiffres qui montrent que le communiste ne représente pas, à ce stade, une menace directe pour le leader insoumis, même si chaque dixième de point comptera le moment venu.

    À droite, Édouard Philippe et Marine Le Pen dominent les enquêtes d’opinion. La gauche, une fois encore, aborde la présidentielle avec plusieurs candidats en lice, sans accord de rassemblement en vue. Un schéma qui rappelle douloureusement 2022.

    Roussel, maire et candidat : un profil qui a évolué

    Depuis sa première candidature, Fabien Roussel a changé de stature. Désormais maire de Saint-Amand-les-Eaux, il a quitté l’Assemblée nationale mais conservé une implantation locale solide. Son profil, ancré dans les territoires et la proximité, tranche avec la posture tribunitienne de Mélenchon. C’est précisément sur ce terrain qu’il entend construire sa différence : une gauche de gouvernement, pragmatique, qui parle de production, d’industrie et de pouvoir d’achat sans complexe idéologique.

    Reste à savoir si cette ligne trouvera un écho suffisant dans un pays où la gauche cherche encore son unité. La campagne ne fait que commencer, mais les premiers arbitrages sont posés. Et cette fois, personne ne pourra dire qu’il n’avait pas prévenu.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Gérald Darmanin se rallie à Édouard Philippe pour la présidentielle

    Gérald Darmanin se rallie à Édouard Philippe pour la présidentielle

    Gérald Darmanin a tranché. Le ministre de la Justice annonce ce lundi qu’il renonce à toute candidature à la présidentielle de 2027 et apporte son soutien à Édouard Philippe, chef de file du parti Horizons.

    La fin d’une ambiguïté assumée

    Pendant des mois, Gérald Darmanin a entretenu le flou sur ses intentions. L’ancien ministre de l’Intérieur, figure poids lourd du bloc central, laissait planer l’hypothèse d’une candidature indépendante à l’Élysée. Ce lundi 17 août, il a mis fin à la spéculation dans un entretien accordé à La Voix du Nord. Le garde des Sceaux renonce officiellement à se présenter et se range derrière Édouard Philippe, candidat déclaré du mouvement Horizons.

    « Ne pas rajouter de la division »

    La formule est limpide. « Nous sommes dans une situation extrêmement difficile, socialement difficile pour les Français. Donc j’ai décidé de ne pas rajouter de la division et donc de ne pas me présenter à l’élection présidentielle et de soutenir Édouard Philippe », a déclaré Darmanin. Un discours de rassemblement, clairement orienté vers l’unité du camp centriste face aux forces qui le menacent sur sa droite comme sur sa gauche.

    Tourcoing, le 30 août : une image forte

    Le ralliement ne restera pas un simple mot. Dès le 30 août, Édouard Philippe tiendra sa rentrée politique à Tourcoing, fief électoral de Gérald Darmanin, et le ministre sera présent à ses côtés. Une mise en scène soigneusement choisie, dans la ville dont Darmanin a longtemps été le maire, pour illustrer la solidité du soutien et envoyer un message clair au reste de la famille macroniste.

    Un signal pour le bloc central

    Ce ralliement pèse bien au-delà de l’individu. Darmanin représente une sensibilité droitière au sein du bloc central, différente de celle d’Édouard Philippe. En choisissant de rejoindre la bannière Horizons plutôt que de la combattre, il aide à consolider un camp qui peinait à éviter la guerre des chefs. Reste à savoir si d’autres figures hésitantes suivront l’exemple. Darmanin lui-même a été clair : « Je souhaite que tout le monde fasse pareil. »

    Philippe renforcé à dix mois de l’échéance

    Pour Édouard Philippe, ce soutien arrive à point nommé. La présidentielle de 2027 approche et le paysage politique reste fragmenté. Chaque ralliement de poids compte dans la construction d’un bloc capable de résister au Rassemblement national et aux gauches coalisées. Avec Darmanin dans son camp, Philippe consolide son ancrage dans l’électorat de droite modérée, tout en affirmant sa capacité à fédérer au-delà de son seul appareil.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Gabriel Attal veut un référendum sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

    Gabriel Attal veut un référendum sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

    Dans une tribune publiée dans La Tribune Dimanche, Gabriel Attal, candidat déclaré à la présidentielle, appelle à soumettre au peuple français la question de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans par voie référendaire.

    Une proposition qui dépasse les clivages partisans

    Selon Gabriel Attal, les lois existent, les débats ont eu lieu, mais rien ne change vraiment. Les plateformes continuent de capter des millions d’adolescents, les effets sur la santé mentale sont documentés par des dizaines d’études, et les parents se sentent seuls face à un phénomène qui les dépasse. Pour lui, le référendum n’est pas un gadget démocratique mais une nécessité. Sur un sujet qui touche directement chaque famille française, seul le peuple peut légitimer une mesure aussi structurante. C’est une façon de court-circuiter les lobbys des grandes plateformes technologiques américaines, qui disposent de moyens considérables pour ralentir ou édulcorer toute réglementation passant par le seul Parlement.

    L’enjeu de santé publique au cœur de l’argumentaire

    Attal s’appuie sur les données scientifiques les plus récentes pour défendre sa position. Troubles de l’attention, anxiété, dépression, isolement social réel malgré une hyperconnexion permanente : les effets des réseaux sociaux sur les adolescents ne sont plus contestés par la communauté médicale. La France a déjà tenté d’agir avec la loi sur l’âge minimum et le consentement parental, mais son application reste largement symbolique. Les plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat contournent facilement les dispositifs existants. Un référendum permettrait d’inscrire l’interdiction dans une légitimité populaire suffisamment forte pour contraindre les géants du numérique à se plier à des règles effectives.

    Une stratégie présidentielle assumée

    La proposition intervient dans un contexte politique précis. Candidat à la prochaine élection présidentielle, Attal cherche à incarner une ligne réformiste sur des sujets de société concrets, loin des querelles idéologiques classiques. Le thème de la protection des enfants face aux écrans est transversal : il mobilise à droite comme à gauche, chez les parents comme chez les enseignants. En appelant au référendum, il se positionne aussi comme défenseur d’une démocratie directe, capable de trancher des questions que les partis politiques ont longtemps esquivées par peur de froisser les intérêts économiques en jeu.

    Des résistances prévisibles, des alliés inattendus

    La proposition ne fait pas l’unanimité. Certains juristes s’interrogent sur la faisabilité constitutionnelle d’un tel référendum, d’autres pointent le risque d’un débat qui réduirait une question complexe à un simple oui ou non. À l’opposé, des associations de parents, des pédopsychiatres et plusieurs élus de bords différents ont salué l’initiative, estimant que le statu quo est insupportable. En Australie, une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans est entrée en vigueur début 2025, ouvrant la voie à d’autres pays. La France pourrait suivre, à condition de trancher enfin clairement.

    Une question qui appartient aux Français

    En définitive, Attal pose une question simple : est-ce que la société française veut collectivement protéger ses enfants, quitte à contraindre des entreprises privées puissantes ? Il parie que la réponse populaire serait oui. Reste à convaincre.

    La rédaction ICONIQ. Politique

  • Jordan Bardella dépasse le million d’euros grâce à ses livres

    Jordan Bardella dépasse le million d’euros grâce à ses livres

    Le président du Rassemblement national a déclaré plus de 300 000 euros de droits d’auteur pour 2026, portant son total à 1 035 178 euros en moins de deux ans. Un succès en librairie qui transforme le chef du RN en auteur millionnaire.

    Un million d’euros en deux ans

    Les chiffres sont désormais officiels. Jordan Bardella a déclaré 306 963 euros de droits d’auteur pour l’année 2026, dans le cadre de ses contrats avec la maison d’édition Fayard. Cette nouvelle déclaration d’intérêts, déposée auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie politique (HATVP) et mise à jour le 14 août, porte son total cumulé à 1 035 178 euros depuis 2024, avant impôts. En moins de deux ans, le président du RN est devenu, au sens littéral du terme, un auteur millionnaire.

    Deux livres, 320 000 exemplaires vendus

    Ces revenus sont le fruit de deux ouvrages publiés chez Fayard. Le premier, Ce que je cherche, est sorti en novembre 2024 et s’est vendu à environ 230 000 exemplaires. Le second, Ce que veulent les Français, a suivi en octobre 2025. Au total, les estimations les plus récentes font état d’au moins 320 000 exemplaires écoulés, un chiffre exceptionnel pour un livre politique en France. Des ventes dopées par une stratégie de dédicaces intense et, selon certaines analyses, par des achats groupés du parti pour ses adhérents.

    Un troisième livre déjà en précommande

    Le compteur n’est pas près de s’arrêter. En juillet, Jordan Bardella a annoncé préparer un troisième essai, consacré à sa vision pour gouverner la France en 2027. L’ouvrage est d’ores et déjà disponible en précommande sur le site de la Fnac, avec une sortie fixée au 4 novembre prochain, toujours chez Fayard. Une tournée de dédicaces à travers la France est également prévue, aux frais de l’éditeur, en pleine période de campagne présidentielle.

    Des revenus qui s’ajoutent à son salaire d’eurodéputé

    Ces droits d’auteur viennent s’ajouter à la rémunération que Bardella perçoit en tant qu’eurodéputé et chef du groupe des Patriotes au Parlement européen. Son salaire net mensuel s’élève à près de 8 800 euros, hors indemnités complémentaires. Le président du RN, qui se présente comme un homme du peuple attaché au pouvoir d’achat des Français, dispose ainsi de revenus largement supérieurs à la moyenne nationale, entre mandats politiques et succès éditoriaux.

    Une manne financière en vue de 2027

    La publication d’un troisième livre à l’automne 2026 s’inscrit clairement dans une stratégie de positionnement pour l’élection présidentielle. Candidat désigné par Marine Le Pen pour Matignon en cas de victoire, Jordan Bardella utilise ses livres comme tribune politique autant que comme source de revenus. La tournée de dédicaces qui accompagnera cette sortie lui permettra de battre le pavé de France à moindre coût pour son parti, la facture étant prise en charge par Fayard. Un calcul gagnant sur tous les plans.

    La rédaction ICONIQ. Politique