Aux États-Unis, une IA devient animatrice radio et cartonne

Studio radio avec microphone et casque

À Los Angeles, une radio locale a confié sa matinale à une IA nommée Coyotec. Résultat : des audiences en hausse et un débat sur l’avenir des animateurs humains.

Coyotec, le co-animateur qui ne dort jamais

C’est la matinale de la radio José, sur 97.5 FM à Los Angeles, qui a osé le premier pas. Depuis quelques mois, Geraldine Guzman, surnommée GeeGee, l’une des stars de l’antenne, partage le micro avec un co-présentateur pas tout à fait comme les autres : Coyotec. Un nom-valise entre coyote et technologie. Il parle espagnol et anglais, appelle sa partenaire « Ma reine », elle l’appelle « Mon petit coyote ». L’émission s’appelle Al Aire y sin permiso, « en direct et sans permission ». C’est le prime time radiophonique, l’heure de grande écoute, qu’on ne confie pas à n’importe qui. Et pourtant, Coyotec s’y est imposé avec une déconcertante facilité.

Console de mixage dans un studio radio
SONY, ILCE-7M3 / Unsplash

Comment fonctionne l’animateur IA ?

Chaque matin, les informations du jour sont chargées dans le logiciel qui fait tourner Coyotec, ce qui lui permet de réagir à l’actualité en quasi-temps réel. Résultats sportifs, élections, faits divers, politique migratoire : il couvre un spectre large, avec une voix créée par la firme ElevenLabs, référence du secteur de la synthèse vocale. Mais Coyotec n’est pas qu’une voix. Il a aussi un visage, soigneusement designé pour les réseaux sociaux. Il est représenté en trentenaire, chapeau de cow-boy vissé sur la tête, grand sourire, bouc, jean et santiags. Une silhouette pensée pour être reconnaissable et sympathique, à l’image d’un vrai animateur radio.

Des audiences en hausse, un pari gagné

Le groupe qui détient la radio assure que l’alchimie entre GeeGee et Coyotec fonctionne au-delà de ses espérances. Les chiffres d’audience sont en hausse chez les hommes de 25 à 54 ans, cible précieuse pour les annonceurs. Fort de ce succès, l’émission est désormais diffusée sur d’autres antennes du groupe. Les auditeurs sont pleinement conscients qu’ils écoutent une IA : la station le rappelle régulièrement, présentant Coyotec comme « l’ami intelligent » de GeeGee. Loin de rebuter le public, cette transparence semble avoir renforcé la curiosité et l’attachement à l’émission.

La question qui fâche : les humains vont-ils perdre leur emploi ?

Le Los Angeles Times a posé directement la question à Coyotec. Sa réponse a été remarquée : « Si le groupe m’utilise pour justifier le remplacement de GeeGee, ce n’est pas bon. » Une formule habile, qui esquive sans trancher. Derrière l’anecdote, la question est sérieuse. Les stations de radio font face à des pressions économiques croissantes depuis des années. L’IA représente une piste d’économies évidente : disponible 24h/24, sans salaire, sans congés, sans caprice. Plusieurs acteurs du secteur regardent l’expérience de José Radio avec attention, voire avec inquiétude du côté des syndicats.

Un signal fort pour toute l’industrie des médias

L’expérience de Los Angeles n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un mouvement de fond qui touche l’ensemble des médias : podcasts générés par IA, articles rédigés automatiquement, avatars virtuels sur les plateformes de streaming. Ce qui était expérimental il y a deux ans devient mainstream. La radio José prouve qu’une IA peut non seulement tenir l’antenne, mais aussi fidéliser un public. Ce n’est pas une anecdote californienne. C’est un signal envoyé à toute l’industrie : le présentateur humain n’est plus irremplaçable, et les directions de médias le savent désormais.

La rédaction ICONIQ. IA

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