Catégorie : Sport

  • Florent Manaudou met fin à sa carrière à 35 ans

    Florent Manaudou met fin à sa carrière à 35 ans

    C’est officiel. Florent Manaudou, champion olympique du 50 m nage libre à Londres en 2012, a annoncé ce jeudi mettre fin à sa carrière à 35 ans. Ses adieux auront lieu samedi au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, en marge des Championnats d’Europe.

    La fin d’un géant des bassins

    «Deux ans après, j’annonce la fin.» La phrase, simple et directe, a résonné comme un coup de tonnerre dans le monde de la natation française. Florent Manaudou l’a prononcée ce jeudi sur le plateau de France Télévisions, mettant un point final à une carrière hors norme. Il avait 35 ans. Il laisse derrière lui 36 médailles internationales, quatre Jeux olympiques et une empreinte indélébile dans l’histoire du sport tricolore.

    De Londres à Paris, quatre JO de légende

    Tout a commencé à Londres en 2012. Florent Manaudou, frère cadet de Laure, débarque aux Jeux en outsider absolu sur le 50 m nage libre. Il en repart avec l’or. Une explosion. Quatre ans plus tard à Rio, il décroche l’argent. Même résultat à Tokyo en 2021. Puis à Paris en 2024, sur ses terres, il accroche le bronze au relais 4×100 m 4 nages aux côtés de Yohann Ndoye-Brouard, Léon Marchand et Maxime Grousset. Quatre JO, quatre médailles. Une constance rare.

    Entre ces parenthèses olympiques, il y a eu une autre parenthèse : celle de 2016 à 2019, où Manaudou avait mis sa carrière de nageur entre pause pour jouer au handball. Une parenthèse qu’il avait lui-même décidée, comme pour mieux revenir.

    Un palmarès colossal

    Les chiffres donnent le vertige. Triple champion du monde en 2015 à Kazan, sur 50 m nage libre, 50 m papillon et avec le relais 4×100 m. Sextuple champion d’Europe en grand bassin. Quatre titres mondiaux et cinq européens en petit bassin. Au total, 36 médailles internationales accumulées sur plus d’une décennie. Dans la discipline la plus explosive de la natation, le sprint court, Manaudou a régné sans partage.

    «Je n’oublierai jamais ce grand homme» — Grousset

    Les hommages n’ont pas tardé. Maxime Grousset, médaillé d’argent ce jeudi aux Championnats d’Europe, a rendu un tribut sincère à son ancien coéquipier. «Il fait bien de l’annoncer maintenant parce qu’il y a du monde, c’est un événement où on l’aurait attendu comme il se doit», a-t-il glissé. «Il a fait vraiment partie intégrante de ma carrière. Je n’oublierai jamais ce grand homme de la natation. Mais de toute façon, ça reste un ami, on reste en contact.»

    Des mots qui résument l’attachement que le milieu natation porte à Manaudou. Plus qu’un champion, une figure.

    Et maintenant ?

    Florent Manaudou l’avait lui-même esquissé en juillet. «J’ai envie d’être utile, de faire de l’humanitaire, de me rallier à des causes parlantes.» Sa soeur Laure devrait être présente lors de la cérémonie d’adieux samedi au Centre aquatique de Saint-Denis. Une dernière image forte pour un homme qui a porté haut les couleurs de la France, dans les bassins et au-delà.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Zidane dévoile son staff avec les Bleus : Barthez présent, Bettoni adjoint

    Zidane dévoile son staff avec les Bleus : Barthez présent, Bettoni adjoint

    La FFF a officialisé ce jeudi matin le staff de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France. Vingt-trois collaborateurs entourent le nouveau sélectionneur, avec en tête d’affiche Fabien Barthez comme entraîneur des gardiens et David Bettoni en adjoint.

    Un staff de 23 hommes autour de Zidane

    C’est officiel. La Fédération Française de Football a publié ce jeudi 13 août la liste complète du staff qui accompagnera Zinédine Zidane dans sa nouvelle aventure à la tête des Bleus. Vingt-trois collaborateurs, répartis en trois pôles – technique, médical et support – pour répondre aux exigences du football de haut niveau moderne. Un effectif dense, pensé dans les moindres détails.

    La FFF précise toutefois que le staff ne sera pas totalement bouclé avant début septembre. Il manque encore un officier de liaison, qui sera désigné dans le cadre d’une convention entre la fédération et le ministère de l’Intérieur. La nomination de Zidane date du 28 juillet. La machine, elle, tourne déjà à plein régime.

    Communiqué de presse FFF - Staff Équipe de France
    Communiqué de presse FFF

    Barthez de retour, les fidèles aussi

    La grande nouvelle de ce staff, c’est évidemment Fabien Barthez. Le «divin chauve», champion du monde 1998 aux côtés de Zidane, prend en charge le poste d’entraîneur des gardiens à la place de Franck Raviot. Les deux hommes sont restés proches depuis leur carrière commune, se croisant régulièrement lors des réunions des anciens de France 98 et dans des matchs caritatifs. Ils se retrouvent aujourd’hui dans un cadre professionnel pour la première fois depuis des années.

    À leurs côtés, David Bettoni. Fidèle adjoint de Zinédine Zidane au Real Madrid, il l’a accompagné durant ses deux passages sur le banc madrilène, avec notamment trois Ligues des champions remportées consécutivement entre 2016 et 2018. Passé ensuite par le FC Sion en tant qu’entraîneur principal, Bettoni retrouve aujourd’hui Zidane.

    Hamidou Msaidie sera assistant coach. Grégory Dupont, spécialiste reconnu de la performance, intègre le staff comme conseiller stratégie et performance. Stéphane Plancque jouera le rôle d’observateur. Farid Tabet prendra en charge l’analyse data vidéo, secondé par Clément Ybert.

    Un pôle médical et logistique solide

    Quatre kinésithérapeutes, un ostéopathe, un pédicure podologue et un médecin. Le volet médical du staff est particulièrement étoffé. Hervé Collado assurera le rôle de médecin de l’équipe. Maxime Matton, Paul Olive, Nagib Remita et Pierre-Yves Froideval se partageront le suivi kiné des joueurs. Philippe Boixel et Marc Retali complètent ce pôle santé.

    Côté support, Laurent Georges prend le rôle de Team Manager. Mohamed Sanhadji, dont l’avenir avait suscité des incertitudes ces dernières semaines, reste responsable de la sécurité. Kamel Lahlouh et Bastien Geray s’occupent de l’intendance. Roberto Falvo sera aux fourneaux.

    Première liste attendue mi-septembre

    La première convocation de Zidane est prévue vers la mi-septembre. Les Bleus débuteront par un déplacement en Turquie le 25 septembre, puis en Belgique le 28, avant d’accueillir l’Italie le 2 octobre au Stade de France. Un clin d’oeil du destin : c’est contre les Azzurri que Zidane avait disputé sa toute dernière sélection en tant que joueur.

    Pas de révolution annoncée dans le groupe. Le onze actuel est en pleine maturité, fort d’un beau parcours lors de la dernière Coupe du Monde. C’est en interne, dans l’organisation et la préparation, que les changements seront les plus marquants.

    Une nouvelle page de l’histoire des Bleus

    Voir Zidane aux commandes de l’équipe de France représente bien plus qu’un simple changement d’entraîneur. C’est une forme de retour aux sources.

    Avec Barthez à ses côtés et ses fidèles du Real Madrid dans l’organigramme, il a réuni des hommes en qui il a confiance, des collaborateurs qui connaissent ses exigences et son niveau d’attente. L’enthousiasme est là. Reste désormais à le transformer en résultats sur le terrain. La première échéance approche à grands pas.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Supercoupe d’Europe : le PSG s’impose 2-1 face à Aston Villa et réalise le back to back

    Supercoupe d’Europe : le PSG s’impose 2-1 face à Aston Villa et réalise le back to back

    Le Paris Saint-Germain remporte la Supercoupe d’Europe 2026 face à Aston Villa (2-1) à Salzburg. Portés par un Désiré Doué décisif et un Safonov solide dans les buts, les Parisiens démarrent la saison avec un premier titre et entrent dans l’histoire de la compétition.

    Kvara ouvre le bal, Madjo répond

    Le PSG prend les commandes grâce à Kvaratskhelia, souverain en première période. Mais Aston Villa ne se laisse pas faire. Brian Madjo, 17 ans seulement, impose ses qualités physiques, bouscule la défense parisienne à plusieurs reprises et égalise d’une belle reprise du pied gauche sur un centre de McGinn. À la pause, le score est de 1-1 et le PSG n’est pas serein.

    Doué, l’homme du match

    La décision vient de Désiré Doué en seconde période. L’ailier parisien se glisse dans la défense villane, profite d’un pied traîné de Cash pour être validé par la vidéo après un premier signal de hors-jeu, et conclut seul face à Bizot du pied gauche : 2-1. Un but refusé puis accordé, qui libère le Parc des Princes en exil.

    Élu homme du match, Doué a résumé l’état d’esprit du groupe : « L’objectif c’est de tout gagner cette année. » Le ton est donné.

    Safonov, gardien des grandes soirées

    Matvey Safonov a tenu la baraque dans les moments chauds. Plusieurs arrêts décisifs face à Madjo et McGinn, une sérénité qui tranche avec les difficultés défensives rencontrées en première période. « C’est très bien d’avoir un titre au début de la saison. On a montré qu’on est prêts », a-t-il déclaré au micro de Canal+.

    Un back to back historique en Supercoupe

    Avec cette victoire, le PSG rejoint un cercle très fermé : seuls le Real Madrid, le Milan AC et l’Ajax avaient jusqu’ici réussi à conserver leur titre en Supercoupe d’Europe. Paris devient le quatrième club de l’histoire à réaliser le back to back dans cette compétition, après le doublé en Ligue des champions. La moisson européenne continue.

    Une saison lancée sous les meilleurs auspices

    61% de possession, 6 tirs cadrés, un collectif qui monte en puissance malgré un retour de vacances récent. Luis Enrique peut être satisfait. Dembélé est entré en cours de jeu, Fabian Ruiz aussi. Le groupe est profond, la concurrence féroce. Premier trophée de la saison 2026-2027 dans la poche. La suite promet.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Les Lakers rachetés pour 12 milliards de dollars : un record absolu dans le sport américain

    Les Lakers rachetés pour 12 milliards de dollars : un record absolu dans le sport américain

    Les Los Angeles Lakers vont changer de mains pour la deuxième fois en un an, dans une transaction qui pulvérise tous les records. Selon ESPN, Josh Kushner et Bob Iger s’apprêtent à débourser plus de 12 milliards de dollars pour acquérir la franchise californienne.

    12 milliards de dollars : un chiffre qui fait tourner les têtes

    C’est le montant jamais atteint dans l’histoire des franchises sportives nord-américaines. 12 milliards de dollars, soit une hausse vertigineuse par rapport aux 10 milliards qu’avait déjà déboursés Mark Walter l’an dernier pour s’emparer de la majorité du capital des Lakers. En l’espace d’un seul transfert, la franchise a pris 2 milliards de dollars de valeur supplémentaire. Un signal fort sur l’état du marché des franchises NBA, désormais considérées comme des actifs de luxe.

    Crypto.com Arena Lakers
    Lakers NBA – © Troutfarm27 Creative Commons Attribution 4.0

    Kushner et Iger, deux poids lourds aux profils complémentaires

    Josh Kushner, 40 ans, est le fondateur de Thrive Capital et d’Oscar Health. Son nom revient régulièrement dans les cercles proches du pouvoir trumpien : son frère Jared est marié à Ivanka Trump. Il s’était récemment retrouvé impliqué dans la polémique autour du projet avorté de Gianni Infantino et la FIFA Forward Enterprise, ce fonds destiné à ouvrir aux investisseurs privés une partie des revenus commerciaux de la FIFA, Coupe du monde comprise.

    Bob Iger, lui, n’est plus à présenter. L’ex-PDG de Disney, architecte de l’empire Marvel et de l’acquisition de Lucasfilm, est aujourd’hui actionnaire majoritaire du club de NWSL Angel City FC. Deux hommes d’influence, deux réseaux distincts, un seul objectif : faire des Lakers bien plus qu’un club de basket.

    Mark Walter cède après moins d’un an

    La rapidité du retournement surprend. Mark Walter, PDG de TWG Global, avait acquis une participation majoritaire dans les Lakers l’an dernier dans une opération à 10 milliards de dollars. Le voilà qui revend, alors qu’une enquête fédérale pour fraude fiscale présumée pèse sur lui. Dans son communiqué, il a joué la carte de la passion : « Les Lakers appartiennent à Los Angeles, et j’ai la certitude que le meilleur reste à venir. » Une sortie en douceur pour un passage propriétaire éclair.

    La famille Buss dans le rétroviseur

    Avant Walter, c’est la famille Buss qui détenait les Lakers depuis 1979. Quarante-cinq ans de règne, seize titres de champions NBA, les ères Magic Johnson, Shaquille O’Neal, Kobe Bryant. En l’espace de deux ans, la franchise est passée entre trois paires de mains différentes, à des valorisations chaque fois supérieures. La NBA est devenue une machine à créer de la valeur que même les marchés financiers peinent à suivre.

    Une franchise qui vaut bien plus que du basket

    Kushner et Iger l’ont formulé sans ambiguïté dans leur communiqué commun : ils souhaitent « bâtir sur ces fondations, viser l’excellence au plus haut niveau et servir cette équipe extraordinaire, ses supporters ainsi que la ville de Los Angeles ». Derrière la rhétorique, l’enjeu est clair. Les Lakers sont une marque globale, l’un des clubs les plus suivis au monde, présents dans chaque grand marché. À 12 milliards de dollars, ce n’est plus seulement un club sportif. C’est un actif stratégique.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Tour de France Femmes : Demi Vollering sacrée pour la deuxième fois à Nice

    Tour de France Femmes : Demi Vollering sacrée pour la deuxième fois à Nice

    Au terme d’une dernière étape disputée sur les hauteurs de Nice, Demi Vollering (FDJ United-Suez) a remporté le Tour de France Femmes 2026, décrochant un deuxième maillot jaune historique, trois ans après son premier sacre en 2023.

    Une dernière étape taillée pour les grimpeurs

    La 9e et dernière étape reliait Nice à Nice sur 99,2 kilomètres, avec quatre passages par le col d’Èze et une arrivée sur la Promenade des Anglais. Seulement huit secondes séparaient Vollering de Kasia Niewiadoma-Phinney avant le départ. Chaque ascension pouvait tout faire basculer.

    L’accélération décisive dans la dernière ascension

    C’est dans la dernière montée vers le col d’Èze que tout s’est joué. Kasia Niewiadoma a tenté une offensive pour inverser le classement général, forçant le groupe de favorites à se réduire. Mais Demi Vollering n’a jamais lâché. À un kilomètre du sommet, la Néerlandaise a contre-attaqué avec une accélération foudroyante. Niewiadoma n’a pas pu répondre. En quelques hectomètres, l’écart atteignait déjà 15 secondes. Le groupe de poursuite pointait à plus de 30 secondes. La messe était dite. Vollering avait choisi l’attaque plutôt que le contrôle, et ce pari audacieux lui a offert la victoire. Elle a ensuite géré sa descente avec sang-froid avant de s’élancer seule vers la Promenade des Anglais.

    Un sacre historique pour FDJ United-Suez

    À 29 ans, Demi Vollering devient la première coureuse à remporter deux éditions du Tour de France Femmes. Sa formation, FDJ United-Suez, s’inscrit elle aussi dans l’histoire : première équipe française au palmarès de la Grande Boucle féminine. « C’est un rêve de gagner ce Tour. Mais c’est surtout un rêve de vivre cette vie. Je n’aurais jamais imaginé vivre cela sur un vélo », a-t-elle déclaré à l’arrivée, la voix chargée d’émotion.

    Une édition marquée par les rebondissements

    Ce Tour 2026 aura été riche en coups de théâtre. L’abandon de la tenante du titre Pauline Ferrand-Prévot avant la 8e étape a redistribué les cartes. La chute de Marlen Reusser dans la descente du col d’Èze lors de la dernière journée a privé la Suissesse d’un podium qui lui tendait les bras. Et Cédrine Kerbaol (EF Education-Oatly), meilleure Française au général, termine sixième. Un beau résultat, même si la jeune Bretonne aura rêvé d’un peu plus. L’édition niçoise laisse une impression de grande course, disputée jusqu’au bout, avec des rebondissements à chaque col.

    Les classements finals

    Vollering s’impose avec 1’18 » sur Niewiadoma. Elisa Longo-Borghini complète le podium à 4’29 ». Puck Pieterse remporte le maillot à pois, Lorena Wiebes le maillot vert, Antonia Niedermaier le maillot blanc.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Zidane nommé sélectionneur des Bleus

    Zidane nommé sélectionneur des Bleus

    Zinedine Zidane est officiellement le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. Nommé ce mardi 28 juillet par la Fédération française de football, « Zizou » prend la succession de Didier Deschamps pour les quatre prochaines années.

    Un rêve de toujours, cinq ans d’attente

    Depuis qu’il a quitté le banc du Real Madrid en 2021, Zinedine Zidane n’avait qu’une idée en tête : prendre la tête des Bleus. Lors de sa conférence de presse d’intronisation, il l’a confié sans détour : « La seule chose que je voulais faire après Madrid, c’était entraîner l’équipe de France. Je m’y suis tenu. » Un accord aurait été scellé avec le président de la FFF dès janvier 2025, le lendemain de la décision de Deschamps de ne pas prolonger. Pendant cinq ans, Zidane a refusé toutes les offres des clubs, gardant ce poste comme objectif unique. « J’ai eu des propositions, je les ai toutes refusées pour l’équipe de France. J’en suis fier. » Ce mardi matin, devant les médias réunis au siège de la Fédération, il avoue même : « Je suis un peu ému, même si vous ne pouvez pas le voir. »

    La continuité dans l’ambition

    Arrivant après un Mondial 2026 conclu par une troisième place arrachée face à l’Angleterre, Zidane veut s’inscrire dans la continuité de ce que Deschamps a construit. « Le parcours était magnifique, le jeu pratiqué aussi. J’étais sur place, j’ai profité de l’atmosphère. » Il ne compte pas tout bouleverser, mais apporter sa propre marque : « Je vais faire ce que je sais faire, dans la continuité, pour que l’équipe de France continue de gagner. » Le nouveau sélectionneur n’a pas encore échangé avec Kylian Mbappé : « Le plus important pour lui, c’est de se reposer. On aura l’occasion d’en parler en septembre. »

    Un staff fidèle, des premiers matchs en Ligue des nations

    Zidane prendra officiellement ses fonctions le 1er août et présentera son staff début septembre. Il devrait s’appuyer sur des visages connus : David Bettoni et Hamidou Msaidie, ses adjoints au Real Madrid, sont pressentis pour l’accompagner. Fabien Barthez est évoqué pour le poste d’entraîneur des gardiens. « Mon staff technique est déjà en place, c’est pratiquement celui que j’ai eu au Real Madrid. Je suis plutôt un fidèle. » Les premiers matchs se dérouleront en Ligue des nations : déplacement en Turquie le 25 septembre, puis en Belgique le 28. Le premier match à domicile face à l’Italie, chargé de symboles pour Zidane qui a joué et parlé la langue, est prévu le 2 octobre au Stade de France.

    Zidane face aux défis du racisme et de l’Italie

    Lors de la conférence de presse, Zidane n’a pas esquivé les sujets qui fâchent. Sur les attaques racistes subies par les joueurs pendant le Mondial, il a été direct : « On est dans un beau pays, avec cette mixité. J’ai grandi dans un quartier avec de la place pour tout le monde. Il faut combattre le racisme. » Il s’est également exprimé sur Christophe Gleizes, journaliste actuellement détenu à l’étranger : « Je veux juste qu’il rentre chez lui. » Quant au match contre l’Italie, chargé de mémoire personnelle pour l’auteur du coup de tête en finale de 2006, il reconnaît le caractère « particulier » de la confrontation : « J’y ai joué, je connais du monde, je parle italien. » Un retour aux sources pour celui qui, à 54 ans, s’apprête à vivre le chapitre le plus attendu de sa carrière d’entraîneur.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Mbappé publie une lettre ouverte aux Français

    Mbappé publie une lettre ouverte aux Français

    Huit jours après l’élimination des Bleus en Coupe du monde 2026, Kylian Mbappé a acheté une page dans plusieurs journaux français pour remercier les supporters. Un geste fort et émouvant.

    Un mois d’émotion, et une promesse : on n’a pas fini

    La Coupe du monde 2026 s’est terminée sans trophée collectif pour les Bleus. Kylian Mbappé le reconnaît sans détour dans sa lettre : « Ça fait mal, et ça fera encore mal un moment. » Le capitaine de l’équipe de France est néanmoins reparti avec le titre de meilleur buteur de l’histoire de la compétition, avec dix réalisations lors de ce Mondial américain. Un record individuel qu’il prend « avec fierté », mais qu’il tempère aussitôt : « Ç’aurait été tellement mieux avec la coupe en plus. » Plutôt que de s’appesantir sur la déception, il choisit de célébrer ce qui a été accompli, sur et en dehors du terrain. « On n’a pas fini de jouer ensemble », promet-il en conclusion. Une phrase qui sonne comme un rendez-vous, autant qu’un au revoir.

    Un hommage aux supporters, partout dans le monde

    Mbappé décrit avec précision les images qui l’ont marqué pendant ce Mondial : les supporters veillant tard selon leurs fuseaux horaires, les stades bondés, les drapeaux sur les épaules, les enfants aux yeux brillants. « Des hommes et des femmes de toutes origines et toutes générations confondues, réunis autour du même plaisir, celui du partage », écrit-il. Il souligne que cette histoire de la Coupe du monde s’est « écrite à plusieurs millions de mains, pas seulement onze sur le terrain ». Un message d’unité porté sans effets de manche, dans un texte sobre et direct, qui tranche avec l’agitation habituelle des réseaux sociaux.

    Des remerciements du vestiaire jusqu’aux coulisses

    La lettre ne s’arrête pas aux supporters. Mbappé remercie ses coéquipiers, « sans qui je n’aurais jamais pu marquer autant », et rappelle que le titre de meilleur buteur est « autant celui du collectif que le mien ». Il adresse également un message à Didier Deschamps, qui quitte son poste de sélectionneur après cette compétition : « J’ai déjà dit ce que j’avais à dire, il le sait. » Puis viennent les kinés, cuisiniers, préparateurs, chauffeurs, « tous ceux que personne ne voit jamais et sans qui rien de tout cela ne serait possible ». Une reconnaissance rare, qui dit beaucoup sur la façon dont le capitaine des Bleus conçoit le collectif.

    La lettre publiée dans la presse : le texte intégral

    Le 27 juillet 2026, Kylian Mbappé a fait paraître sa lettre dans plusieurs titres nationaux et régionaux : Le Parisien, L’Équipe, Ouest-France, La Provence, La Dépêche du Midi, La Voix du Nord. Ci-dessous, le document tel qu’il a été publié.

    Lettre de Kylian Mbappé aux Français
    Lettre de Kylian Mbappé adressée aux Français publiée dans la presse – Le 27 juillet 2026. (DR)

    Le football comme passion universelle, au-delà des résultats

    Mbappé conclut sa lettre en revenant à l’essentiel : « Le football, au fond, reste un jeu. » Un jeu travaillé toute une vie pour le maîtriser, mais dont les règles n’ont pas changé depuis l’enfance : « ballon, cage, envie de marquer. » C’est cette universalité qui rassemble, selon lui. À 27 ans, après trois Coupes du monde et une première expérience comme capitaine à ce niveau, Kylian Mbappé envoie un signal clair : la page du Mondial 2026 est tournée, mais sa trajectoire en bleu est loin d’être terminée. La prochaine étape ? La Coupe du monde 2030, qui se jouera notamment au Maroc, en Espagne et au Portugal.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Tour de France 2026

    Tour de France 2026

    Mathieu van der Poel a offert un final de légende à la 113e édition du Tour de France ce dimanche sur les Champs-Élysées, pendant que Tadej Pogacar décrochait son cinquième maillot jaune, entrant dans le cercle très fermé des plus grands champions de l’histoire.

    Van der Poel résiste aux sprinteurs dans un final haletant

    La 21e et dernière étape de ce Tour de France 2026 n’a pas failli à sa réputation de fête. Au terme d’une journée de 88,7 kilomètres entièrement disputée dans Paris, avec trois ascensions de la butte Montmartre par la rue Lepic, Mathieu van der Poel a levé les bras sur les Champs-Élysées au terme d’un sprint d’anthologie. Le Néerlandais d’Alpecin-Premier Tech était parti avec Tadej Pogacar lors du dernier passage à Montmartre. À 5 kilomètres de l’arrivée, les deux hommes comptaient encore 13 secondes d’avance sur leurs premiers poursuivants. Le peloton des sprinteurs, emmené par les Decathlon CMA CGM, fondait sur le duo. Van der Poel a tenu. À la flamme rouge, tout se jouait à rien. Sur l’avenue, le Néerlandais a résisté au retour de Jasper Philipsen, son propre coéquipier, et de Mads Pedersen, pour s’offrir une victoire de prestige parmi les plus belles de sa carrière. Philipsen a même légèrement freiné à l’approche de la ligne pour laisser passer son leader.

    Le scénario fou de la dernière ascension de Montmartre

    Tout s’est joué rue Lepic. Victor Campenaerts entre le premier dans la montée, mais Pogacar contre immédiatement et van der Poel répond présent. En haut de la Butte, le duo s’échappe avec une poignée de secondes d’avance. Evenepoel fait la jonction dans la descente avant de lâcher prise. Pedersen aussi revient brièvement, formant un quatuor de rêve, avant que Pogacar et van der Poel ne s’isolent dans les derniers kilomètres. L’entente entre les deux hommes est parfaite. Ils se relaient, repoussent les offensives du peloton et gardent l’écart juste suffisant pour résister jusqu’au bout. Un spectacle rare, offert par les deux meilleurs coureurs de leur génération lors de la dernière ligne droite d’un grand Tour.

    Pogacar sacré pour la 5e fois, dans le cercle des légendes

    L’autre image de cette arrivée, c’est celle d’un Tadej Pogacar en maillot jaune rayonnant sur les Champs-Élysées. Le Slovène de l’équipe UAE Emirates remporte son cinquième Tour de France, égalant un record qui le place aux côtés des plus grandes légendes du cyclisme mondial. Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain avaient chacun décroché cinq Grande Boucle. Pogacar les rejoint. Dominateur tout au long des trois semaines de course, il a remporté cinq étapes sur cette édition 2026 et n’a jamais cédé le maillot jaune une fois qu’il l’a endossé. Jusqu’au bout, il a animé la course, s’offrant même un dernier feu d’artifice à Montmartre alors que son titre était déjà assuré. L’image d’un champion complet, capable de tout gagner et de tout donner même quand l’enjeu est symbolique.

    Tour de France – Crédit : Hugo Luc / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

    Les autres distinctions du Tour 2026

    Mads Pedersen s’empare définitivement du maillot vert du meilleur sprinteur, lui qui complète le podium de l’étape derrière van der Poel et Philipsen. Richard Carapaz repart avec le maillot à pois de meilleur grimpeur, belle récompense pour l’Équatorien. Isaac Del Toro avait longtemps brillé dans le maillot blanc du meilleur jeune avant une crevaison dans le final parisien, qui ne lui a toutefois pas coûté ce classement. Mention spéciale au Français Paul Seixas, coureur Decathlon CMA CGM, dont la fraîcheur et l’abnégation au service du peloton tout au long des trois semaines ont conquis le public. Le Lyonnais termine 4e au général, et la « Seixasmania » aura été l’un des fils conducteurs de ce Tour. Quinn Simmons, de l’équipe Lidl-Trek, reçoit pour la deuxième année consécutive le titre de « super équipier » du Tour.

    Paris comme écrin d’une édition historique

    Ce Tour de France 2026 restera comme l’un des grands millésimes récents. Trois ascensions de la butte Montmartre en guise de final, avant les Champs-Élysées : le parcours parisien, légèrement raccourci pour soulager les services de secours, a offert un cadre à la hauteur de l’événement. L’atmosphère dans la rue Lepic, lors de chacun des trois passages, était celle d’une vraie classique de printemps. Les milliers de spectateurs massés sur les trottoirs ont acclamé leurs héros jusqu’à l’arrivée. Pogacar entre dans l’histoire. Van der Poel s’offre une des victoires les plus prestigieuses de l’avenue. Et le cyclisme, une fois de plus, aura démontré qu’il sait offrir des récits à la mesure de ses champions.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Espagne championne du monde 2026 : la Roja entre dans la légende

    Espagne championne du monde 2026 : la Roja entre dans la légende

    Dimanche 20 juillet 2026 au MetLife Stadium de New York, l’Espagne a décroché sa deuxième Coupe du monde de l’histoire en battant l’Argentine en prolongations (1-0), sur un but de Ferran Torres à la 106e minute. Un sacre historique qui consacre la Roja comme la plus grande nation du football au XXIe siècle.

    Une finale au sommet de l’histoire du football

    La finale rêvée. D’un côté, l’Argentine de Lionel Messi, double champion du monde en titre, venue défendre son trophée conquis à Doha en 2022. De l’autre, l’Espagne de Lamine Yamal et Rodri, championne d’Europe en titre, invaincue depuis le début de la compétition et meilleure défense du tournoi avec un seul but encaissé en huit matchs. La photo du bébé Yamal aux côtés de Messi, prise lors du Telethon 2007 en Espagne alors que le prodige barcelonais n’avait que quelques mois, avait fait le tour du monde dans les jours précédant la rencontre, symbole parfait d’une passation de pouvoir entre deux générations. Ce dimanche soir à New York, devant près de 82 000 spectateurs et des centaines de millions de téléspectateurs, les deux équipes se sont livré un duel intense, haché par les fautes argentines et les nombreuses interventions du gardien Emiliano Martinez, héros de son camp pendant 105 minutes avant de céder.

    Un premier acte maîtrisé mais sans récompense

    L’Espagne a d’emblée pris le contrôle du ballon et du match, imposant son football de possession caractéristique. Lamine Yamal s’est offert la première occasion dès la 5e minute, avec une frappe contrée dans la surface captée par Martinez. La Roja a dominé les débats sans parvenir à trouver la faille, malgré des tentatives d’Oyarzabal (39e) et de Marc Cucurella (43e). L’Argentine, de son côté, a adopté un bloc bas et défensif, cherchant à étouffer le jeu adverse et à piquer en contre. Lisandro Martinez a été contraint de sortir sur blessure juste avant la mi-temps, remplacé par Otamendi, fragilisant encore un peu plus la défense albiceleste. Messi est resté muselé, pris en étau par la défense espagnole, sans pouvoir peser sur le jeu. Le score est resté vierge à la pause malgré une nette domination espagnole, reflet d’une première période maîtrisée mais stérile face à des gardiens argentins intraitable.

    Lamine Yamal, l’enfant prodige qui illumine le Mondial

    À seulement 17 ans et quelques mois, Lamine Yamal a été l’un des grands artisans de ce sacre espagnol. Ailier droit du FC Barcelone, né le 13 juillet 2007 à Mataró, il est entré dans l’histoire comme l’un des joueurs les plus jeunes à disputer une finale de Coupe du monde. Tout au long du tournoi, il a régalé le public avec ses dribbles dévastateurs, ses centres chirurgicaux et sa capacité à prendre à revers les défenses les plus organisées. Contre l’Argentine en finale, il a multiplié les situations dangereuses et a failli inscrire un but sur coup franc dans les ultimes secondes du temps réglementaire, repoussé magistralement par Martinez. C’est lui qui, par ses mouvements incessants sur le côté droit, a créé les espaces qui ont permis à Pedri et à Nico Williams de préparer le but libérateur de Ferran Torres. La génération Yamal n’a pas fini de faire parler d’elle.

    Lamine Yamal à la Coupe du monde 2026
    Lamine Yamal – Bryan Berlin Creative Commons ©

    Torres délivre l’Espagne en prolongations

    En prolongation et avec un joueur de plus suite à l’expulsion d’Enzo Fernandez (90e+3) pour double avertissement, l’Espagne a continué à pousser, butant à plusieurs reprises sur la muraille Martinez. Nico Williams a cru marquer à la 97e mais le but a été refusé pour une faute de Merino sur Otamendi. L’Argentine tentait de résister, mais la fatigue et l’infériorité numérique rendaient la tâche herculéenne. C’est finalement à la 106e minute que Ferran Torres a brisé le verrou : sur un centre de Porro au deuxième poteau, Nico Williams a remis de la tête en retrait et l’attaquant barcelonais a propulsé le ballon sous la barre d’un missile imparable. Un deuxième but de Torres a ensuite été refusé pour hors-jeu (113e). Messi, enfin visible en fin de match, a tenté l’impossible mais sans parvenir à tromper Unai Simon. L’Espagne a tenu bon jusqu’au coup de sifflet final, soulevant de joie l’ensemble de la péninsule ibérique.

    L’Espagne, la plus grande nation du XXIe siècle

    Avec ce deuxième titre mondial, l’Espagne rejoint la cour des très grands. Seule nation à avoir remporté trois tournois majeurs consécutifs, elle avait enchaîné les Euro 2008, 2012 et la Coupe du monde 2010 avec la génération Xavi-Iniesta. Seize ans plus tard, une nouvelle génération dorée récidive : Euro 2024, Coupe du monde 2026. La Roja peut légitimement se targuer d’être la sélection dominante de ce siècle. Pour Luis de la Fuente, sélectionneur depuis 2022, c’est la consécration absolue d’un projet de jeu basé sur la possession, la solidité défensive et l’animation offensive. Meilleure défense du tournoi avec un seul but encaissé en huit matchs, l’Espagne a montré au monde entier qu’elle n’avait rien perdu de son ADN : le collectif prime sur tout, les individualités servent le groupe, et le football peut encore être beau quand il est bien pensé. La fête s’annonce longue en Espagne.

    La rédaction ICONIQ. Sport

  • Didier Deschamps : le départ d’une légende

    Didier Deschamps : le départ d’une légende

    Après 25 ans au service du maillot bleu, dont 14 à la tête de l’équipe de France, Didier Deschamps a dirigé son dernier match face à l’Angleterre. Retour sur le parcours hors norme d’une légende des Bleus, du brassard de capitaine au banc de sélectionneur.

    Du Pays basque aux sommets européens : l’ADN d’un gagnant

    Né le 15 octobre 1968 à Bayonne, Didier Deschamps n’a jamais connu autre chose que la victoire. Milieu récupérateur au volume de jeu impressionnant et au sens du commandement précoce, il débute en première division avec Nantes à seulement 16 ans, en septembre 1985. C’est ensuite à Marseille que sa légende de joueur commence à s’écrire : deux titres de champion de France en 1990 et 1992, puis le 26 mai 1993 à Munich, la toute première Ligue des champions de l’histoire du football français, soulevée face à l’AC Milan. À 24 ans à peine, Deschamps en est le plus jeune capitaine vainqueur de l’histoire. La suite se joue à Turin, à la Juventus, où il empoche trois Scudetti consécutifs et une deuxième Ligue des champions en 1996, avant des tours de piste à Chelsea, où il remporte la FA Cup en 2000, puis à Valence. Au total : 103 sélections en équipe de France et un brassard devenu une seconde peau. Éric Cantona l’avait un jour surnommé « porteur d’eau », estimant qu’on en trouvait « à tous les coins de rue ». L’histoire a rendu son verdict avec une ironie délicieuse : ce porteur d’eau-là a fini par porter la Coupe du monde.

    1998 et 2000 : capitaine d’une génération dorée

    Le 12 juillet 1998, au Stade de France, devant 80 000 personnes et des millions de téléspectateurs, Didier Deschamps devient le capitaine de la première équipe de France championne du monde. Le 3-0 contre le Brésil ce soir-là reste l’une des plus belles pages de l’histoire du football français. Deschamps soulève la coupe dorée, les yeux brillants, et entre définitivement dans la légende. Ce sacre est d’autant plus fort qu’il est collectif : c’est lui qui, dans les vestiaires, fédère les individualités, impose la rigueur, et transforme un groupe de talents en une machine à gagner. Deux ans plus tard, le 2 juillet 2000 à Rotterdam, il réalise le doublé historique en soulevant le trophée de l’Euro dans une finale de légende contre l’Italie. Menée 1-0, la France arrache l’égalisation par Sylvain Wiltord à la 90e minute et quatre secondes, à quelques instants du désastre, avant que David Trezeguet ne foudroie le gardien Toldo d’une volée du gauche en or à la 103e. Premier doublé Coupe du monde-Euro pour une même génération dans l’histoire du football, et sortie par la plus grande des portes pour un capitaine d’exception.

    Didier Deschamps et l'équipe de France reçus à l'Élysée par Jacques Chirac en 1998
    Didier Deschamps avec l’équipe de France 1998 reçu à l’Élysée par le président Jacques Chirac après avoir gagné la Coupe du monde – Service photographique de la Présidence Creative Commons ©

    De l’entraîneur au sélectionneur : une reconversion en or

    Reconverti dès 2001 sur les bancs de touche, Deschamps construit méthodiquement sa carrière d’entraîneur en appliquant les mêmes principes qui avaient fait de lui un capitaine modèle : exigence, discipline et sens du collectif. Avec Monaco, au bord du gouffre financier, il remporte la Coupe de la Ligue en 2003 et conduit le Rocher jusqu’à la finale de la Ligue des champions 2004, perdue de justesse contre le FC Porto de José Mourinho. À la Juventus ensuite, rétrogradée en Serie B par le scandale Calciopoli, il réussit la remontée immédiate en Serie A en 2007. À Marseille enfin, il offre à l’OM son premier titre de champion de France depuis 18 ans en 2010, assorti de trois Coupes de la Ligue consécutives. Trois clubs différents, trois situations délicates, trois sorties par le haut. Quand la Fédération française de football le nomme sélectionneur le 9 juillet 2012, en remplacement de Laurent Blanc, le choix peut surprendre certains observateurs. Mais Deschamps, lui, sait exactement ce qu’il veut faire : reconstruire un groupe brisé par des années de crises, de Knysna aux querelles d’ego, et lui redonner le goût de la victoire. Son contrat initial ne porte que sur deux ans. Il restera quatorze.

    Didier Deschamps et Guy Stéphan à la Coupe du monde 2026
    Didier Deschamps et Guy Stéphan à la Coupe du monde 2026 – YantsImages Creative Commons ©

    Une Coupe du monde et des records qui resteront dans les livres

    En 185 matchs à la tête des Bleus, Didier Deschamps a empilé les records au point de réécrire l’histoire de la sélection.

    Il devient en juillet 2018, à Moscou, le troisième homme à remporter la Coupe du monde à la fois comme joueur et comme sélectionneur, après le Brésilien Mário Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer. Il est aussi le sélectionneur ayant remporté le plus de matchs en Coupe du monde, avec 20 victoires et 27 rencontres dirigées dans la compétition, dépassant l’Allemand Helmut Schön et ses 25 matchs. En termes de longévité, il écrase la concurrence en France : loin devant Raymond Domenech (79 matchs) et Michel Hidalgo (75), il a dirigé 20 % de l’ensemble des matchs de l’histoire des Bleus. Sur le plan des résultats, le bilan est vertigineux : 120 victoires, 35 nuls, 30 défaites, soit 2,14 points par match en moyenne. Sous ses ordres, la France a atteint le dernier carré lors de cinq de ses sept grandes compétitions disputées. Il a utilisé 124 joueurs différents, dont 89 auxquels il a offert leur première sélection, parmi lesquels Warren Zaïre-Emery, devenu le plus jeune international français de l’histoire à 17 ans et 255 jours. Griezmann, son joueur le plus utilisé avec 137 sélections, Lloris (108), Mbappé (106) : les plus grands noms du football français de cette génération ont tous grandi sous son autorité.

    Didier Deschamps champion du monde 2018
    Didier Deschamps vainqueur avec l’équipe de France de la Coupe du monde 2018 en Russie – Meghdad Madadi Creative Commons ©

    Les adieux d’un monument : larmes, dignité et gratitude

    C’est lui qui avait fixé la date de son départ. Le 8 janvier 2025, au journal de 13 heures de TF1, Deschamps avait officialisé ce que beaucoup pressentaient déjà : « Ça sera 2026. Je suis là depuis 2012, je suis prévu jusqu’en 2026, la prochaine Coupe du monde. Ça s’arrêtera là, parce qu’il faut que ça s’arrête à un moment. » Une décision présentée comme définitive, même en cas de victoire finale. Ce Mondial américain était donc sa tournée d’adieu, et chaque match une possible dernière. Samedi à Miami, après la défaite en petite finale contre l’Angleterre (4-6), il a tenu sa dernière conférence de presse de sélectionneur.

    Ému, la gorge serrée, mais debout comme toujours. « Aujourd’hui, je me suis dit pour de vrai : c’est la dernière fois que tu fais ça. » Il a évoqué les centaines de messages reçus depuis l’annonce de son départ, avec une pudeur qui lui est propre : « Il y en a deux ou trois où je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer, car ils provenaient de personnes qui comptent beaucoup pour moi. » La veille, en conférence de presse, il avait déjà résumé 14 ans en une phrase : « C’est la plus belle chose qui me soit arrivée, ça a pris 25 ans de ma vie et ça marque. Il reste des souvenirs inoubliables. Mais l’important est toujours devant soi. » Une sortie digne, à l’image d’un homme qui n’a jamais rien fait à moitié. Son successeur, Zinédine Zidane, devrait être officiellement nommé d’ici la fin du mois selon le président de la FFF Philippe Diallo.

    Didier Deschamps et Kylian Mbappé à la Coupe du monde 2026
    Didier Deschamps et Kylian Mbappé à la Coupe du monde 2026 – YantsImages Creative Commons ©

    La France entière lui rend hommage

    Les hommages ont afflué de toutes parts dès le coup de sifflet final samedi soir. La Fédération française de football a publié un communiqué solennel, saluant « un quart de siècle d’un engagement exceptionnel » en référence à son double statut de joueur et de sélectionneur des Bleus. « Champion du monde 1998 en tant que capitaine puis en 2018 comme sélectionneur, Didier Deschamps a incarné l’exigence, la rigueur, le sens du collectif et l’amour du maillot bleu », écrit la FFF. « Sous son autorité, pendant quatorze ans, l’Équipe de France a retrouvé crédibilité, respect et amour en demeurant au plus haut niveau mondial. Au-delà des 185 matches disputés, des 120 victoires, Didier Deschamps a su transmettre une culture de la performance et de la responsabilité qui restera une référence pour les générations futures. » Des mots qui résonnent comme un testament sportif, la reconnaissance officielle d’une époque dorée du football français.

    Mais c’est sans doute Kylian Mbappé, son capitaine et son héritier désigné, qui a trouvé les mots les plus justes. Quelques heures avant le coup d’envoi de la petite finale, le numéro dix des Bleus a publié sur Instagram un message bouleversant, accompagné d’une photo complice avec celui qui l’a lancé en sélection dès 2017, à seulement 18 ans. « Aujourd’hui est ta dernière danse », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « Mettre des mots sur ce que tu as apporté pendant 14 ans est très difficile, tant tu as été un acteur majeur du renouveau de cette équipe. Les gens n’ont pas toujours su apprécier ta grandeur, mais le temps et l’histoire s’en chargeront. » Une phrase qui résume à elle seule l’ambivalence d’un règne parfois contesté, mais irréprochable dans ses résultats.

    La FFF, de son côté, n’a pas tardé à réagir officiellement sur les réseaux sociaux. Dans un tweet largement partagé samedi soir, la fédération a rendu un hommage appuyé à celui qui a représenté le maillot bleu pendant vingt-cinq ans, d’abord comme joueur entre 1989 et 2000, puis comme sélectionneur de 2012 à 2026. Un quart de siècle au service d’une seule cause : l’équipe de France. Une fidélité et un dévouement rares dans le monde du football professionnel, à une époque où les carrières s’accélèrent et les trahisons se multiplient.

    Reste désormais une question que tout le monde se pose : que fera Didier Deschamps après ? Lui-même entretient le flou avec une discrétion savamment entretenue. « Je ne pars pas à la retraite », a-t-il assuré au printemps, sans en dire davantage. Des rumeurs circulent, évoquant un grand club européen, une sélection étrangère, voire un rôle de dirigeant. Rien n’est confirmé. Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’homme sera libre et très courtisé dès sa sortie du banc des Bleus. Et que le vide qu’il laisse derrière lui s’annonce immense. Thierry Henry, qui lui succèdera peut-être un jour, l’a résumé avec une franchise désarmante : « Deschamps va être très difficile à remplacer. » Quoi qu’il arrive, dans l’histoire du football français, il y aura un avant et un après Didier Deschamps.

    La rédaction ICONIQ. Sport