Dans un cadre inédit, Ciryl Gane a décroché la ceinture intérimaire des poids lourds UFC face à Alex Pereira par TKO au 2e round. Le Vendéen entre dans l’histoire comme premier Français titré à l’UFC.
Un KO retentissant dans les jardins de la Maison Blanche
Il fallait oser le décor. L’UFC Freedom 250 s’est tenu ce week-end dans les jardins de la Maison Blanche, à Washington, dans le cadre des célébrations du 80e anniversaire de Donald Trump. Une cage de 30 mètres de hauteur, encadrée de quatre arches métalliques aux couleurs américaines et aux logos UFC, dressée au pied du Bureau Ovale. Environ 80 000 personnes massées dans la fan zone pour assister à l’événement. C’est dans cette atmosphère électrique et hors normes que Ciryl Gane, 36 ans, originaire de Vendée, a écrit la plus belle page du sport de combat français. À moins d’une minute et trente secondes de la fin du deuxième round, le Français a expédié Alex Pereira au sol d’un direct du droit dévastateur. L’arbitre a stoppé le combat immédiatement. « Bon Gamin » est champion du monde.
Pereira rattrapé par l’histoire, Gane libéré
Pour Alex Pereira, ce combat représentait une opportunité unique dans les annales de la discipline : devenir champion dans une troisième catégorie de poids, un exploit jamais réalisé à l’UFC. Le Brésilien, ancien champion du monde des poids moyens et des mi-lourds, surnom « Poatan », avait tout pour réussir ce tour de force. Sa puissance de frappe, sa capacité à terminer les combats, son expérience du grand rendez-vous : tout semblait plaider en sa faveur. Mais Gane a neutralisé ses atouts. En appliquant une pression constante, en dictant les distances et en imposant son jeu technique, le Français a empêché Pereira d’exprimer sa dangerosité habituelle. Quand le direct du droit a atterri, il était déjà trop tard pour le Brésilien. La troisième ceinture devra attendre, et peut-être ne viendra jamais.
Un chemin semé d’embûches avant la consécration
Cette victoire prend une saveur particulière au regard du parcours de Ciryl Gane. En 2022, le Vendéen avait été battu par son compatriote Francis Ngannou lors d’une finale pour le titre qui avait tenu toutes ses promesses. L’année suivante, Jon Jones, l’un des plus grands combattants de l’histoire de l’UFC, l’avait dominé et mis fin à ses espoirs de titre. Plus récemment, il y a huit mois, son combat contre le champion intérimaire britannique Tom Aspinall avait été arrêté prématurément à cause d’un eye poke, laissant une frustration immense des deux côtés. Ces revers auraient pu briser un combattant moins solide mentalement. Gane, lui, a continué à avancer, à travailler, à croire. Ce samedi à Washington, la persévérance a payé au centuple.
« J’ai réussi à mettre la pression » : la voix d’un champion
Après le combat, visiblement soulagé et ému, Ciryl Gane a pris la parole avec la sobriété qui le caractérise. « Je suis heureux car on a bien travaillé. J’ai réussi à mettre la pression et ne pas subir la sienne », a-t-il déclaré. Une formule simple, mais qui résume parfaitement l’exécution tactique de sa soirée. « Bon Gamin » n’a jamais cherché l’échange frontal avec Pereira, conscient de la menace que représente le Brésilien dans ce registre. Il a choisi la discipline, le mouvement, et l’efficacité. Un direct parfaitement placé, et quatre années d’attente se sont terminées en quelques secondes. Pour lui, pour son équipe, et pour tout un pays qui découvrait en direct l’avènement d’un champion du monde.
La France du MMA a rendez-vous à Paris le 5 septembre
La consécration de Ciryl Gane ne marque pas la fin d’une histoire, mais le début d’un nouveau chapitre. Dès sa victoire, le Vendéen a évoqué une suite logique : une revanche contre Tom Aspinall, le champion titulaire des poids lourds, dont le combat précédent n’avait pas pu aller à son terme. Et pour cela, une date et un lieu semblent se dessiner : l’UFC Paris, programmé le 5 septembre prochain. Voir le premier champion français de l’UFC défendre sa ceinture à domicile, devant un public français en ferveur, serait un moment inédit pour le sport hexagonal. Le MMA français, longtemps cantonné au statut de discipline émergente, s’invite désormais au sommet mondial. Ciryl Gane en est la figure de proue. Et il n’a pas fini de faire parler de lui.
La rédaction ICONIQ. Sport

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