Bugatti lève le voile sur la Destrier, une création unique au monde qui réinvente la Bolide. Avec ses 1 600 chevaux, cette hypercar d’exception mêle performances extrêmes et élégance dans un exemplaire réservé à un seul propriétaire.
Le Programme Solitaire, la haute couture sur roues
Lancé à l’été 2025, le Programme Solitaire autorise Bugatti à concevoir jusqu’à deux créations totalement uniques chaque année, bâties sur une base technique existante mais entièrement réinventées dans leur carrosserie et leur habitacle pour un client unique. La démarche renoue avec la tradition du carrossage sur mesure qui a forgé la réputation de la maison alsacienne dans l’entre-deux-guerres, quand Jean Bugatti dessinait des automobiles avec la même exigence qu’un sculpteur. La Destrier succède à la Brouillard, dévoilée à la Monterey Car Week 2025, puis à la F.K.P. Hommage, présentée à Rétromobile en janvier 2026. Trois pièces, trois propriétaires, trois récits, une seule philosophie : repousser la personnalisation jusqu’à ses limites absolues.

Une silhouette née du dépouillement radical
La question de départ tient en une phrase : que resterait-il du package technique le plus extrême de Molsheim si on le débarrassait de tous ses artifices aérodynamiques ? La réponse prend la forme d’une silhouette haute d’à peine un mètre, la plus basse jamais réalisée par Bugatti, taillée dans le monocoque en fibre de carbone de la Bolide. Là où celle-ci multipliait ailerons, prises d’air et appendices pour dompter l’air à pleine vitesse, la Destrier fait le choix inverse. Elle chausse des jantes de 20 pouces à l’avant et 21 pouces à l’arrière, contre 18 pouces sur la Bolide, ce qui lui confère une stature presque démesurée. La ligne en C, signature graphique de la maison, s’interrompt volontairement avant le passage de roue avant pour dévoiler la carrosserie nue. Un exercice de proportion pure, avant d’être un récit.

1 600 chevaux sous une robe Sapphire Celeste
Sous cette carrosserie sculpturale se cachent des performances vertigineuses héritées de la Bolide. Le moteur W16 de 7 993 cm³, assisté de quatre turbocompresseurs, développe 1 600 chevaux pour un couple identique de 1 600 Nm. Le poids à sec est contenu à 1 450 kg, ce qui porte le rapport poids/puissance à 0,91 kg par cheval. Le 0 à 100 km/h s’abat en 2,2 secondes, le 0 à 200 en 5,4 secondes, le 0 à 300 en 11,5 secondes. La vitesse de pointe est fixée à 380 km/h. La décélération, elle, ramène le véhicule de 100 à 0 km/h en 30 mètres seulement, avec une capacité à générer 2,5 g d’accélération latérale. La teinte extérieure, baptisée Sapphire Celeste, est inédite dans le catalogue Bugatti et a été développée spécifiquement pour cet unique exemplaire.

Un habitacle façonné comme un vêtement de haute couture
À l’intérieur, la Destrier s’inscrit dans la même logique d’exclusivité absolue. L’habitacle a été façonné sur mesure pour son propriétaire, comme un vêtement de haute couture. Les cuirs cognac inondent chaque surface, relevés par des inserts en fibre de carbone tissée visible et des détails en bois précieux. Le volant à écran transparent, signature des créations récentes de la marque, dialogue avec un tableau de bord entièrement dédié à la conduite. Les sièges baquets sport, habillés de cuir et de daim, portent le nom « Destrier » brodé en cursive sur les appuie-têtes. Chaque détail a été pensé pour que ce cockpit soit aussi singulier que la silhouette extérieure.

Une future légende des concours d’élégance
La Destrier sera dévoilée au grand public en amont de la Monterey Car Week 2026, avec un point d’orgue au Pebble Beach Concours d’Elegance le 16 août. Ce rendez-vous n’est pas anodin : c’est dans ce cadre que Bugatti avait présenté la Brouillard l’an dernier, posant les bases d’une tradition naissante. La Destrier, conçue comme une œuvre destinée à traverser les générations, s’annonce déjà comme une pièce centrale des futures enchères de prestige et des grandes collections privées. Sous la présidence de Christophe Piochon, Bugatti confirme sa stratégie de production one-of-one et s’impose comme le laboratoire ultime de la personnalisation automobile, là où l’automobile cesse d’être un objet pour devenir un patrimoine.
La rédaction ICONIQ. Business

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