Moquée sur les réseaux, boudée par les puristes, la Ferrari Luce a pourtant réussi là où personne ne l’attendait. Deux mois après sa présentation, la première Ferrari 100 % électrique a déjà atteint son objectif annuel de ventes, pendant que Maranello affiche des résultats financiers record.
Un design clivant signé Jony Ive
Quand Ferrari a dévoilé la Luce au printemps 2026, les réseaux sociaux se sont enflammés. Le design de cette berline 100 % électrique, imaginé par Jony Ive, l’ancien designer star d’Apple, a immédiatement divisé. Certains l’ont comparée à une Nissan Leaf survitaminée. D’autres ont crié au sacrilège : une Ferrari électrique, sobre, sans le rugissement d’un V12, sans les lignes racées des modèles iconiques de Maranello ? La communauté de passionnés n’a pas mâché ses mots. Pourtant, la réalité du marché vient d’infliger un cinglant démenti à tous les sceptiques.

Un carnet de commandes déjà rempli
Deux mois seulement après sa présentation, la Ferrari Luce a déjà atteint son objectif annuel de ventes. Selon deux sources citées par le Financial Times, ce chiffre serait légèrement inférieur à 500 unités, soit un chiffre d’affaires potentiel de près de 275 millions d’euros, la Luce étant proposée à partir de 550 000 euros. Ferrari n’a pas communiqué officiellement sur ces données, mais l’information confirme ce que les analystes commençaient à percevoir : la Luce n’est pas un faux pas, c’est un nouveau marché. Le carnet de commandes global de Ferrari est désormais complet jusqu’en 2027, et les experts jugent crédible l’objectif de 2 500 Luce vendues d’ici 2030.

Une nouvelle clientèle venue de Chine et de la Silicon Valley
La Luce ne s’adresse pas aux collectionneurs qui rêvent d’un V12 atmosphérique. Ferrari le sait et l’assume. Ce sont des profils radicalement différents qui se précipitent chez les concessionnaires : entrepreneurs de la tech en Californie, acheteurs fortunés en Chine, une génération pour qui une Ferrari électrique représente un objet de prestige autant qu’une vitrine technologique. Ferrari a d’ailleurs pris soin de rassurer ses clients historiques : jamais ils ne seront contraints de passer à l’électrique pour accéder aux autres modèles de la gamme. Une stratégie d’équilibre qui semble porter ses fruits. La page officielle de la Ferrari Luce est consultable directement sur le site Ferrari.
Des résultats financiers qui confirment la stratégie de Maranello
Derrière le succès commercial de la Luce, une philosophie d’entreprise que Ferrari incarne depuis des années : gagner plus sans vendre davantage. Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires net du constructeur a grimpé de 8 % sur un an, à 1,938 milliard d’euros (11 % à taux de change constants), alors que les livraisons sont restées quasi stables, à seulement 3 366 voitures. La montée en gamme, la personnalisation accrue et le succès de séries spéciales comme la 12Cilindri, la F80 ou encore la Purosangue expliquent cette rentabilité exceptionnelle. Pendant que la 296 GTS et la Roma Spider approchent de la fin de leur cycle de vie, la gamme monte en exclusivité et en valeur ajoutée.

La leçon Ferrari : l’opinion publique ne dépense pas 550 000 euros
Le cas de la Ferrari Luce est une leçon de business autant qu’une leçon sur les réseaux sociaux. Des milliers de posts moqueurs, des comparaisons humiliantes, des hashtags en tendance : rien de tout cela ne prédit les intentions d’achat de ceux qui peuvent réellement se payer une Ferrari. La tempête médiatique de mai 2026 n’aura duré que quelques semaines. Le carnet de commandes, lui, est plein jusqu’en 2027. Maranello a misé sur la rareté, l’exclusivité et l’innovation, et une fois de plus, la formule fonctionne. La « plus moche Ferrari de l’histoire » s’est transformée, en quelques mois, en l’un des lancements automobiles les plus réussis de la décennie.
La rédaction ICONIQ. Business
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